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La misère de l’homme…

« La misère de l’homme ne consiste pas seule­ment dans la fai­blesse de sa rai­son, l’in­quié­tude de son esprit, le trouble de son cœur ; elle se voit encore dans un cer­tain fond ridi­cule des affaires humaines. Les révo­lu­tions sur­tout découvrent cette insuf­fi­sance de notre nature : si vous les consi­dé­rez dans l’en­semble, elles sont impo­santes ; si vous péné­trez dans le détail, vous aper­ce­vez tant d’i­nep­tie et de bas­sesse, tant d’hommes renom­més qui n’é­taient rien, tant de choses dites l’œuvre du génie qui furent l’œuvre du hasard, que vous êtes éga­le­ment éton­né et de la gran­deur des consé­quences et de la peti­tesse des causes. »

Fran­çois-René de Chateaubriand
Pen­sées, réflexions et maximes, Pour­rat frères édi­teurs, 1836

On s’étonne du succès de la médiocrité…

« On s’é­tonne du suc­cès de la médio­cri­té ; on a tort. La médio­cri­té n’est pas forte par ce qu’elle est en elle-même, mais par les médio­cri­tés qu’elle repré­sente ; et dans ce sens sa puis­sance est for­mi­dable. Plus l’homme en pou­voir est petit, plus il convient à toutes les peti­tesses. Cha­cun en se com­pa­rant à lui se dit : Pour­quoi n’ar­ri­ve­rais-je pas à mon tour ?” »

Fran­çois-René de Chateaubriand
Pen­sées, réflexions et maximes, Pour­rat frères édi­teurs, 1836

Ce que l’on gagne en extension géographique…

« Ce que l’on gagne en exten­sion géo­gra­phique des échanges, par le brouillage du proche et du loin­tain, on le perd par l’extension conco­mi­tante de la bureau­cra­tie et des sys­tèmes for­mels de contrôle. D’une part, on paraît démul­ti­plier les pos­si­bi­li­tés d’échanges, en les ouvrant à la Terre entière. Mais de l’autre, on les réduit consi­dé­ra­ble­ment en nor­ma­li­sant, en régle­men­tant, en véri­fiant. C’est ain­si qu’un vaste car­can juri­dique, nor­ma­tif et tech­nique finit par deve­nir le cadre prin­ci­pal de l’action humaine. L’homme est « libre », mais uni­que­ment au sein de cette « mégamachine ». »

Guillaume Tra­vers
La socié­té de sur­veillance, stade ultime du libé­ra­lisme, édi­tions La Nou­velle Libraire, coll. dans l’arène, 2021

Chefs d’États et gouvernements sont de plus en plus dépourvus…

« Chefs d’États et gou­ver­ne­ments sont de plus en plus dépour­vus vis-à-vis de la « méga­ma­chine » de sur­veillance des flux, laquelle mène une exis­tence de plus en plus auto­nome. Ain­si, lorsqu’une pro­cé­dure est mise en place, la ques­tion qui domine n’est sou­vent plus de savoir si elle est conforme aux inté­rêts poli­tiques locaux, mais de s’assurer de sa confor­mi­té avec ce qui a été déci­dé ailleurs. Les logi­ciels doivent être com­pa­tibles. Les for­mu­laires har­mo­ni­sés. Les pro­ces­sus stan­dar­di­sés. Etc. »

Guillaume Tra­vers
La socié­té de sur­veillance, stade ultime du libé­ra­lisme, édi­tions La Nou­velle Libraire, coll. dans l’arène, 2021

Parce qu’elles sont le fruit d’expériences historiques…

« Parce qu’elles sont le fruit d’expériences his­to­riques de la vie en com­mu­nau­té, les liber­tés ne durent que tant qu’on les défend concrè­te­ment contre la ten­ta­tion de leur for­ma­li­sa­tion et de leur stan­dar­di­sa­tion dans un droit abs­trait et uni­ver­sel. »

Guillaume Tra­vers
La socié­té de sur­veillance, stade ultime du libé­ra­lisme, édi­tions La Nou­velle Libraire, coll. dans l’arène, 2021

Le miroir de notre décadence…

« Oui, la Cali­for­nie (et l’Amé­rique avec elle) est le miroir de notre déca­dence, mais elle n’est pas déca­dente du tout, elle est d’une vita­li­té hyper­réelle, elle a toute l’éner­gie du simulacre. »

Jean Bau­drillard
Amé­rique, édi­tions Gras­set, 1986, Le Livre de Poche, coll. Biblio essais, 1988

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