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Citations sur l'opinion publique

Notre époque est devenue une époque de la victimologie…

« Notre époque est deve­nue une époque de la vic­ti­mo­lo­gie, c’est à qui sera le plus vic­time. Autre­fois, c’é­tait bien d’être vain­queur. Aujourd’­hui, c’est presque mieux d’a­voir été vic­time. Ça aus­si, ça compte, vous ne regar­dez pas du tout les choses de la même façon selon que vous êtes mar­teau ou enclume. J’en prends pour exemple les Conquis­ta­dors, qui étaient une poi­gnée et qui ont gagné au Mexique ou au Pérou : quand j’é­tais plus jeune, c’é­taient des conqué­rants ; aujourd’­hui ce sont des bour­reaux (…). Aujourd’­hui, il faut en somme pleu­rer la vic­time et consi­dé­rer le vain­queur comme un salaud. »

Gérard Cha­liand
La guerre infor­melle : maquis et conflits, pod­cast de la revue Conflits, 19 mars 2020

L’opinion publique a changé, on n’encaisse plus les pertes…

« Nous avons énor­mé­ment chan­gé. Pour prendre l’exemple fran­çais, en 2008, nous avons per­du dix hommes à Uzbin, non loin de Kaboul, dans une embus­cade. Le Pré­sident de la Répu­blique de l’é­poque y est allé, pour mon­trer en quelque sorte sa sym­pa­thie, etc… Est-ce que on aurait ima­gi­né, cin­quante ans plus tôt, Charles de Gaulle se ren­dant en Algé­rie parce qu’on aurait per­du dix hommes dans une embus­cade alors qu’on les per­dait toutes les deux semaines ? Non. (…) L’o­pi­nion publique a chan­gé, on n’en­caisse plus les pertes. Et c’est cer­tai­ne­ment lié aus­si à notre sen­ti­ment d’a­me­nui­se­ment démo­gra­phique. C’est-à-dire que en 1920, il y a à peu près 33% de ce que l’on appe­lait à l’é­poque « Blancs » (on les appel­le­rait aujourd’­hui les Occi­den­taux) ; aujourd’­hui, les Occi­den­taux repré­sentent maxi­mum 12%. Alors, quand on a 1,5 enfant par femme, on peut dif­fi­ci­le­ment le ris­quer. »

Gérard Cha­liand
La guerre infor­melle : maquis et conflits, pod­cast de la revue Conflits, 19 mars 2020

Un grand journal ne peut se payer le luxe de critiquer les grands magasins…

« Deux fois dans ma vie un rédac­teur-en-chef m’a dit qu’il n’o­sait pas impri­mer ce que j’a­vais écrit de peur d’of­fen­ser les annon­ceurs de son jour­nal. […] En ces deux occa­sions il me refu­sa la liber­té d’ex­pres­sion parce que j’a­vais écrit que les grands maga­sins qui béné­fi­cient de la publi­ci­té que l’on sait étaient en réa­li­té pires que les petits maga­sins. C’est la une des choses, et elle est digne d’être rele­vée, qu’un homme n’a désor­mais plus le droit de dire ; peut-être même la seule chose qui lui soit réel­le­ment inter­dite. Si j’a­vais atta­qué le gou­ver­ne­ment, on aurait trou­vé cela très bien ; si j’a­vais atta­qué Dieu, on aurait trou­vé cela encore mieux. Si j’a­vais cri­ti­qué le mariage, le patrio­tisme ou la morale publique, j’au­rais eu droit à la pre­mière page de la presse domi­ni­cale. Mais un grand jour­nal ne peut se payer le luxe de cri­ti­quer les grands maga­sins, étant un grand maga­sin à sa manière et en passe de deve­nir lui-même un monopole. »

Gil­bert Keith Chesterton
Plai­doyer pour une pro­prié­té anti­ca­pi­ta­liste, 1926, trad. Gérard Jou­lié, édi­tions de l’Homme Nou­veau, 2010

La vérité concernant la presse…

« La véri­té concer­nant la presse, c’est qu’elle n’est pas telle que son nom la désigne. Elle n’est pas la presse popu­laire”. Elle n’est pas la presse publique. Elle n’est pas davan­tage un organe de l’o­pi­nion publique. Elle est une conspi­ra­tion our­die par un petit nombre de mil­lion­naires qui se sont enten­dus sur ce que cette grande nation (à laquelle nous appar­te­nons) doit savoir sur elle-même, ses alliés, ses ennemis. […]
Si bien que le lec­teur de jour­nal reçoit toutes ses infor­ma­tions et ses mots d’ordre poli­tiques de ce qui à l’heure qu’il est consti­tue plus ou moins consciem­ment une sorte de socié­té secrète, com­po­sée d’un très petit nombre de membres dis­po­sant de beau­coup d’argent. »

Gil­bert Keith Chesterton
Uto­pie des usu­riers, trad. Gérard Jou­lié, édi­tions de l’Homme Nou­veau, 2010

Le problème que doit résoudre aujourd’hui le journaliste…

« Le pro­blème que doit résoudre aujourd’­hui le jour­na­liste poli­tique est le sui­vant : s’il a véri­ta­ble­ment l’in­ten­tion de dénon­cer devant l’o­pi­nion un mar­chan­dage contac­té entre un gou­ver­ne­ment et un entre­pre­neur, c’est, de nos jours, au Par­le­ment qu’il a affaire ; c’est-à-dire un comi­té qui le contrôle. Et il doit tran­cher entre deux points de vue. Ou bien il décide qu’il ne peut exis­ter de gou­ver­ne­ment cor­rom­pu. Ou bien il décide qu’il appar­tient à un gou­ver­ne­ment cor­rom­pu de dénon­cer sa propre cor­rup­tion. Je lui donne le choix tout en riant sous cape. »

Gil­bert Keith Chesterton
Uto­pie des usu­riers, trad. Gérard Jou­lié, édi­tions de l’Homme Nou­veau, 2010

La presse est devenue la force la plus importante des États occidentaux…

« Et, avec tout cela, la presse est deve­nue la force la plus impor­tante des États occi­den­taux, elle dépasse en puis­sance les pou­voirs exé­cu­tif, légis­la­tif et judi­ciaire. Pour­tant, voyons : en ver­tu de quelle loi a‑t-elle été élue et à qui rend-elle compte de son acti­vi­té ? Si, dans l’Est com­mu­niste, un jour­na­liste est ouver­te­ment nom­mé comme tout fonc­tion­naire — quels sont les élec­teurs de qui les jour­na­listes occi­den­taux tiennent leur posi­tion pré­pon­dé­rante ? Pour com­bien de temps l’oc­cupent-ils et de quels pou­voirs sont-ils investis ? »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

L’opinion publique est une puissance invisible…

« L’opinion publique est une puis­sance invi­sible, mys­té­rieuse, à laquelle rien ne résiste : rien n’est plus mobile, plus vague et plus fort ; et, toute capri­cieuse qu’elle est, elle est cepen­dant, vraie, rai­son­nable, juste, beau­coup plus sou­vent qu’on ne pense. »

Napo­léon Bonaparte
Viri­li­tés, maximes et pen­sées com­pi­lées par Jules Ber­taut, édi­tions San­sot et Cie, 1912

Le journalisme n’est qu’une prodigieuse entreprise de falsification…

« Le jour­na­lisme n’est qu’une pro­di­gieuse entre­prise de fal­si­fi­ca­tion, voire d’éradication de la réa­li­té, sous cou­vert d’informer et d’analyser, l’information ne par­lant en véri­té que d’elle-même et l’analyse ser­vant des inté­rêts propres à ren­for­cer l’ignorance et la déchéance spi­ri­tuelle des hommes. De là mon sou­ci, qui irait crois­sant, de n’être plus informé. »

Richard Millet
La confes­sion néga­tive, édi­tions Gal­li­mard, 2009

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