Thème

Citations sur l'idéologie

Ce paysan est réaliste parce que sa connaissance…

« La néces­si­té d’un échange vital entre le sujet et l’ob­jet domine notre idée du réa­lisme… Ce pay­san est réa­liste parce que sa connais­sance, son amour et son tra­vail de la terre pro­cèdent d’un contact intime entre la terre et lui ; cet homme poli­tique est réa­liste parce que les lois qui régissent le fait social se reflètent fidè­le­ment dans son esprit ; et les saints sont les plus grands réa­listes parce qu’ils sont unis à la réa­li­té suprême. Inver­se­ment, nos pen­sées, nos affec­tions et nos actes sont enta­chés d’ir­réa­lisme lors­qu’ils ne sont pas nour­ris par un contact suf­fi­sant avec leur objet. Ce cita­din qui s’en­ivre d’un « retour à la terre » comme d’une idylle ou d’une fée­rie, ce poli­ti­cien qui croit qu’un chan­ge­ment d’ins­ti­tu­tions suf­fi­ra à rame­ner sur terre l’âge d’or, ce faux mys­tique au rayon​nement mal­sain sont irréa­listes parce qu’ils n’ont pas de liens vitaux avec la nature, avec l’homme, ou avec Dieu, et qu’ils sub­sti­tuent leurs rêves à la véri­té objective. »

Gus­tave Thibon
L’ir­réa­lisme moderne, in Les hommes de l’é­ter­nel : Confé­rences au grand public (1940−1985), édi­tions Mame, Coll. Rai­sons d’Être, 2012

Les liens organiques qui conditionnent le réalisme…

« Les liens orga­niques qui condi­tionnent le réa­lisme sont tou­jours des liens qui unissent l’homme concret à des objets concrets. L’abstraction, en tant qu’instrument néces­saire de la science et de l’action humaines, doit par­tir du concret et débou­cher sur le concret. Mais là où l’abstraction est livrée à elle-même, par le pri­mat du cer­veau (intel­lec­tua­lisme) ou celui du cœur (sub­jec­ti­visme), elle engendre l’irréalisme. »

Gus­tave Thibon
L’ir­réa­lisme moderne, in Les hommes de l’é­ter­nel : Confé­rences au grand public (1940−1985), édi­tions Mame, Coll. Rai­sons d’Être, 2012

Comme le marxisme, la démocratie tient qu’il existe une vérité morale…

« Nous en sommes arri­vés, sans nous en rendre compte, à un régime où il n’est pas per­mis de pen­ser incor­rec­te­ment, et où il n’est pas per­mis non plus de vivre incor­rec­te­ment. Comme le mar­xisme, la démo­cra­tie tient qu’il existe une véri­té morale parce qu’elle croit comme le mar­xisme à un pro­grès de l’hu­ma­ni­té et par consé­quent à un sens de l’histoire. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1969

La novlangue repose sur l’inversion du sens…

« [La nov­langue] repose sur l’inversion du sens qui reflète l’inversion des valeurs sur laquelle se fonde jus­te­ment l’idéologie du Sys­tème. Ain­si, par exemple, le mot « Répu­blique » ne désigne-t-il plus de nos jours la sou­ve­rai­ne­té du peuple mais son contraire : la sou­mis­sion à l’idéologie cos­mo­po­lite, au gou­ver­ne­ment des juges et à la loi des marchés. »

Jean-Yves Le Gal­lou (dir.)
Nou­veau dic­tion­naire de nov­langue, La nov­langue revi­si­tée (avant-pro­pos), Polé­mia édi­teur, 2013

Il faut sauver l’idéologie…

« Aujourd’hui, tous les pays euro­péens, y com­pris l’Allemagne, ont réta­bli leurs contrôles aux fron­tières. Seule la France se pré­oc­cupe de sau­ver le sol­dat Schen­gen”. C’est dire la puis­sance de l’idéologie, quand on pré­fère les morts du coro­na­vi­rus à la véri­té pro­tec­trice. Les belles âmes du Nou­veau Monde” à l’agonie pré­fèrent encore avoir tort avec le coro­na­vi­rus que rai­son avec les sou­ve­rai­nistes. Quoi qu’il arrive, il ne s’agit pas, selon eux, de sau­ver les malades, il faut sau­ver l’idéologie. Mais le Réel, qui est impi­toyable quand il tient à pleine main la faux du tré­pas, vient contra­rier leurs cer­ti­tudes et ino­cu­ler le doute dans leurs syl­lo­gismes mortifères. »

Phi­lippe de Villiers
Le nou­veau monde est en train de mou­rir du coro­na­vi­rus, entre­tien avec Bas­tien Lejeune, Valeurs Actuelles, 18/03/2020

La souveraineté se définit par le primat du politique…

« La sou­ve­rai­ne­té se défi­nit par le pri­mat du poli­tique. L’aliéner, c’est per­mettre à l’économie de s’organiser comme elle l’entend. Cette der­nière va tou­jours là où vont ses inté­rêts. Nous avons donc connu un capi­ta­lisme débri­dé qui a choi­si dans un pre­mier temps l’aliénation amé­ri­caine et désor­mais l’aliénation chi­noise. Les gens qui ont prô­né cette idéo­lo­gie de la soi-disant divi­sion inter­na­tio­nale du tra­vail savaient ce qu’ils fai­saient. Ils ont lais­sé der­rière eux une France en pièces déta­chées, un pays qui n’a plus d’indus­trie qui vend ses pla­te­formes aéro­por­tuaires, et qui a favo­ri­sé une agri­cul­ture dégra­dée en un pro­ces­sus agro­chi­mique sui­ci­daire, un pays qui fait fabri­quer les pièces de rechange des chars Leclerc en Chine, et lui confie le soin de pro­duire pour elle ses médicaments. »

Phi­lippe de Villiers
Le nou­veau monde est en train de mou­rir du coro­na­vi­rus, entre­tien avec Bas­tien Lejeune, Valeurs Actuelles, 18/03/2020

L’illusion mondialiste soutient que les frontières sont non seulement contraignantes mais inutiles…

« L’illusion mon­dia­liste sou­tient que les fron­tières sont non seule­ment contrai­gnantes mais inutiles. Pour­tant, après des décen­nies de sans-fron­tié­risme, le prin­cipe même de sépa­ra­tion n’a pas dis­pa­ru et reprend au contraire de la vigueur. Com­ment ne pas voir que, dans une Europe qui s’est don­né pour objec­tif la sup­pres­sion de toute fron­tière exté­rieure entre les États, on assiste para­doxa­le­ment à la créa­tion expo­nen­tielle de nou­velles fron­tières, inté­rieures et plus insi­dieuses, qui sont aus­si bien tan­gibles qu’intangibles ? Com­mu­nau­ta­risme, mul­ti­pli­ca­tion des contrôles de sécu­ri­té à l’entrée des aéro­ports, musées, centres com­mer­ciaux et autres lieux publics, blocs de béton à l’entrée des mar­chés de Noël, mur autour de la tour Eif­fel sont autant de réponses débri­dées à la néces­si­té de pro­tec­tion des indi­vi­dus dans des États qui ont oublié qu’une de leurs fonc­tions réga­liennes était d’assurer la sécu­ri­té de leurs citoyens. »

Thi­bault Mercier
Athé­na à la borne. Dis­cri­mi­ner ou dis­pa­raître ?, Pierre-Guillaume de Roux édi­teur, 2019

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés