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Citations sur l'existence

La vertu n’est pas un moyen se rapportant à quelque fin dernière…

« La ver­tu n’est pas un moyen se rap­por­tant à quelque fin der­nière. Elle est à elle-même sa propre fin – sa propre récom­pense. La recon­quête inté­rieure ou recon­quête de soi : point de départ de toute quête comme de toute conquête. Éta­blir sur soi un empire sou­ve­rain. Obéir au Maître qui est en nous, à l’instant même où nous com­man­dons à l’Esclave qui est en nous. »

Alain de Benoist
Pour un réveil euro­péen. Nature – Excel­lence – Beau­té (post­face), La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Iliade, 2020

Il grognait son incantation vers les étoiles…

« Un pri­mate dérou­la vers les cimes des arbres les vingt-quatre os de ses ver­tèbres mobiles et les qua­torze os sou­dés de sa face aveu­glée par le soleil. La nuit venue, pieds écar­tés, jambes trem­blantes encore, les bras levés sous les rumeurs rive­raines, il gro­gnait son incan­ta­tion vers les étoiles et s’exer­çait au tutoie­ment de ses dieux. »

Jean-Fran­çois Gautier
La sente s’efface, édi­tions Le temps qu’il fait, 1996

Il n’y a pas d’identité sans altérité…

« L’expression de la fron­tière est une ques­tion tra­vaillée par nombre de peintres euro­péens depuis le XVe siècle. Pour­quoi ? Tout sim­ple­ment parce que la repré­sen­ta­tion de l’espace, et de l’expérience de l’espace, condi­tionne dans nos cultures toutes les figures dyna­miques du soi et du non-soi, du l’identité et de l’altérité. Il n’y a pas d’identité sans alté­ri­té, et cette dua­li­té est la condi­tion même d’une repré­sen­ta­tion. Une fron­tière, en son essence, n’est pas la marque d’une exclu­sion mais celle d’une rela­tion, d’un lien entre un ici et un ailleurs. »

Jean-Fran­çois Gautier
Les fron­tières : un besoin vital face à la méta­phy­sique de l’illimité, 6e col­loque annuel de l’Ins­ti­tut Iliade, 6 avril 2019

Faire passer son devoir avant ses passions…

« Faire pas­ser son devoir avant ses pas­sions ; ses pas­sions, avant ses inté­rêts. Accom­plir de bonnes actions” pour gagner son salut, c’est encore ser­vir ses inté­rêts. Faire ce qu’on doit, non ce qu’on aime. Mais cela néces­site un appren­tis­sage : l’homme a besoin de règles pour se bâtir parce qu’il est per­pé­tuel­le­ment mal­léable. Le tra­vail comme ser­vice, le devoir comme destin. »

Alain de Benoist
Pour un réveil euro­péen. Nature – Excel­lence – Beau­té (post­face), La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Iliade, 2020

Il mourait sur un champ de bataille sans gloire…

« Tout autour de lui, dans l’immensité et le désordre, s’étendait le pays pour lequel il souf­frait. Il allait lui don­ner sa vie. Mais ce grand pays, qu’il était prêt à contes­ter au point de se détruire lui-même, ferait-il seule­ment atten­tion à sa mort ? Il n’en savait rien ; et tant pis. Il mou­rait sur un champ de bataille sans gloire, un champ de bataille où ne pou­vait s’accomplir aucun fait d’armes : le lieu d’un com­bat spirituel. »

Yukio Mishi­ma
Patrio­tisme, 1961, in La mort en été, trad. Geof­frey W. Sargent puis Domi­nique Aury, édi­tions Gal­li­mard 1983, coll. Folio, 1988

Le sang s’écoule, l’existence est détruite…

« Le sang s’écoule, l’existence est détruite et les sens anéan­tis accré­ditent pour la pre­mière fois l’existence conçue comme un tout, com­blant l’espace logique entre voir et exis­ter… C’est cela, la mort.
Voi­là com­ment j’appris que l’heureux sen­ti­ment d’exister éprou­vé un moment au cou­cher du soleil dans une vie de sol­dat ne pou­vait être fina­le­ment accré­di­té que par la mort. »

Yukio Mishi­ma
Le soleil et l’a­cier, 1968, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard, coll. Du monde entier, 1973, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 1993

Le soleil fut désormais mon compagnon…

« C’est en 1952, sur le pont du navire où j’accomplis mon pre­mier voyage à l’étranger, que j’échangeai avec le soleil la poi­gnée de main de la récon­ci­lia­tion. Depuis ce jour, je suis deve­nu inca­pable de lui faus­ser com­pa­gnie. Le soleil fut désor­mais mon com­pa­gnon sur la grand-route de ma vie. Petit à petit, ma peau a bru­ni sous son hâle, signe que j’appartenais désor­mais à l’autre race. »

Yukio Mishi­ma
Le soleil et l’a­cier, 1968, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard, coll. Du monde entier, 1973, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 1993

Ce que je voulais, c’était mourir parmi des étrangers…

« Ce que je vou­lais, c’était mou­rir par­mi des étran­gers, pai­si­ble­ment, sous un ciel sans nuages. Pour­tant mon désir était bien éloi­gné des sen­ti­ments de cet ancien Grec qui sou­hai­tait mou­rir sous un ciel écla­tant. Ce que je vou­lais, c’était un sui­cide natu­rel, spontané. »

Yukio Mishi­ma
Confes­sion d’un masque, 1949, trad. Renée Vil­lo­teau, édi­tions Gal­li­mard, coll. Du monde entier, 1971, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 1983

La guerre avait suscité en nous une maturité étrangement sentimentale…

« La guerre avait sus­ci­té en nous une matu­ri­té étran­ge­ment sen­ti­men­tale. Elle venait de ce que la vie nous parais­sait sus­cep­tible de se ter­mi­ner vers nos vingt ans ; nous n’envisagions même pas qu’il pût y avoir quelque chose au-delà de ces quelques années qui nous restaient. »

Yukio Mishi­ma
Confes­sion d’un masque, 1949, trad. Renée Vil­lo­teau, édi­tions Gal­li­mard, coll. Du monde entier, 1971, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 1983

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