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Citations sur l'enracinement

J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines…

« J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines, ces pro­fondes et déli­cates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et à ce qu’on mange, aux usages comme aux nour­ri­tures, aux locu­tions locales, aux into­na­tions des pay­sans, aux odeurs du sol, des vil­lages et de l’air lui-même. »

Guy de Maupassant
Le Hor­la, 1886, édi­tions Albin Michel, coll. Le Livre de Poche, 1967

Quand du haut de notre siège…

« Quand du haut de notre siège éle­vé nous regar­dions les séjours que l’homme a bâtis pour y cacher sa vie, son bon­heur, ses nour­ri­tures, ses reli­gions, alors tous les siècles fon­daient à nos yeux en une seule réa­li­té. Et les morts, comme si les tombes s’é­taient ouvertes, sur­gis­saient invi­si­ble­ment. Ils nous envi­ronnent dès que notre regard se pose avec amour sur une terre à l’an­tique culture, et tout comme leur héri­tage est vivant dans la pierre et dans le sillon, leur âme très ancienne est pré­sente sur les terres et les cam­pagnes. »

Ernst Jün­ger
Sur les falaises de marbre (Auf den Mar­mork­lip­pen) 1939, trad. Hen­ri Tho­mas, édi­tions Gal­li­mard 1942, coll. L’I­ma­gi­naire, 2017

C’est un vieux pays que le nôtre. Solide de ses années…

« C’est un vieux pays que le nôtre. Solide de ses années comme les chênes de leurs cernes. Notre-Dame a huit cent cin­quante ans, la France en a mille et ses racines sont pro­fondes ! Si pro­fondes qu’elles viennent cares­ser les grottes où les hommes du néo­li­thique pei­gnaient des mys­tères flamboyants. »

Erik L’Homme
Le regard des princes à minuit, édi­tions Gal­li­mard Jeu­nesse, coll. Scrip­to, 2014

Il faut saluer la tâche de ceux…

« Il faut saluer la tâche de ceux qui un peu par­tout, et de manière résis­tante, obs­ti­née, mino­ri­taire, habile, opèrent un tra­vail cultu­rel, un tra­vail de moines et de four­mis, pour entre­voir la flamme de l’identité euro­péenne. Car on ne peut pas faire la guerre si l’on ne sait pas qui l’on est, on ne va nulle part si l’on ignore d’où l’on vient. »

Guillaume Faye
Avant-guerre : chro­nique d’un cata­clysme annon­cé, édi­tions de l’AEncre, 2003

Être de son lieu, ce n’est pas donné à tout le monde…

« Elle est une com­pli­ci­té totale entre l’homme et son envi­ron­ne­ment, une inti­mi­té constante entre l’individu qui vit dans un lieu don­né, et toutes les com­po­santes de ce lieu. C’est la vieille his­toire du pois­son dans l’eau. L’homme de la terre en arrive à connaître si bien son milieu natu­rel qu’il évite autant que pos­sible de se trou­ver en conflit avec lui, qu’il en connaît tout ce que cet envi­ron­ne­ment com­porte de leçons pour toutes les époques et toutes les cir­cons­tances de la vie. […] Il est facile d’être de son temps. La belle affaire ! N’importe quel imbé­cile peut être de son temps ! Il suf­fit de suivre tout le monde et de bêler avec le troupeau.
Mais être de son lieu, ce n’est pas don­né à tout le monde. Être de son lieu, c’est jus­te­ment éta­blir entre l’endroit où l’on vit, où l’on a ses occu­pa­tions, où l’on mène son exis­tence tout entière, entre l’endroit où l’on vit, donc, et soi-même, cette espèce d’entente qui fait qu’on finit par appro­cher de ce qu’on appelle la sagesse. »

Pierre-Jakez Hélias
La sagesse de la terre (avec Jean Mar­kale), Petite Biblio­thèque Payot, 1978

Les catastrophes éprouvent à quelle profondeur hommes et peuples demeurent enracinés…

« Les catas­trophes éprouvent à quelle pro­fon­deur hommes et peuples demeurent enra­ci­nés dans leurs ori­gines. Qu’une racine, du moins, puisent direc­te­ment au sol nour­ri­cier – la san­té et les chances de sur­vie en dépendent, alors même que la civi­li­sa­tion et ses assu­rances ont disparu. »

Ernst Jün­ger
Trai­té du rebelle ou le recours aux forêts (Der Wald­gang), 1951, trad. Hen­ri Plard, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 1995

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