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Citations sur l'école

Monsieur Naudy me rattrapa…

« Mon­sieur Nau­dy me rat­tra­pa si je puis dire par la peau du cou et avec une bourse muni­ci­pale me fit entrer en sixième à Pâques, dans l’ex­cel­lente sixième de Mon­sieur Guer­rier. Il faut qu’il fasse du latin, avait-il dit […] Ce que fut pour moi cette entrée dans cette sixième à Pâques, l’é­ton­ne­ment, la nou­veau­té devant rosa, rosae, l’ou­ver­ture de tout un monde, tout autre, de tout un nou­veau monde, voi­là ce qu’il fau­drait dire, mais voi­là ce qui m’en­traî­ne­rait dans des ten­dresses. Le gram­mai­rien qui une fois la pre­mière ouvrit la gram­maire latine sur la décli­nai­son de rosa, rosae n’a jamais su sur quels par­terres de fleurs il ouvrait l’âme de l’en­fant. »

Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quin­zaine, 1913, Édi­tions des Équa­teurs, coll. Paral­lèles, 2008

Les manuels diffusent les valeurs que les programmes drainent…

« Selon Hugo Billard, auteur de manuels chez Belin, inter­ro­gé pour un article du Monde le 16 sep­tembre 2011, les manuels dif­fusent les valeurs que les pro­grammes drainent : ils sont pro­ré­pu­bi­cains, pro-euro­péens, pour l’équilibre social et la diver­si­té cultu­relle”.
[…] Une pesée glo­bale des exemples choi­sis par les manuels per­met de retrou­ver les grands mou­ve­ments de l’opinion domi­nante des pre­mières années du XXIe siècle. Les manuels ne sont plus l’instrument d’une idéo­lo­gie patrio­tique ou socia­li­sante dont il fau­drait trans­mettre les réflexes, mais le lieu d’expression des prio­ri­tés d’une époque qui vit sur les ruines des grands mes­sia­nismes sécu­liers du XXe siècle. Noir­cis­sant le pas­sé et res­tant dis­crets sur bien des vio­lences sociales contem­po­raines, les manuels res­tent pro­gres­sistes”, tout en étant mar­qués par une ten­dance à l’éloge des cultures non-euro­péennes, à la cri­tique des idées iden­ti­taires” et à un cer­tain fatalisme. »

Vincent Badré
L’Histoire fabri­quée ? Ce qu’on ne vous a pas dit à l’école…, Édi­tions du Rocher, 2012

Le militantisme est une école…

« Le mili­tan­tisme est une école, et l’une des meilleures qui puissent être. C’est une école de dis­ci­pline et de tenue, d’exaltation et d’enthousiasme, une école de don de soi. C’est aus­si un creu­set d’ami­tié comme il y en a peu : avoir mili­té ensemble crée des liens qui per­durent dans le temps et, par­fois, triomphent de tout. […] Cela dit, c’est aus­si une école dont il faut savoir sor­tir […]. Le mili­tan­tisme a aus­si ses limites. Il a ses aspects néga­tifs. Le mili­tant n’est pas seule­ment quelqu’un qui se donne à fond, ce qui est une bonne chose. C’est aus­si un par­ti­san dans le mau­vais sens du terme. Il répète un caté­chisme, il se réfère à un nous” col­lec­tif qui le dis­pense de toute pen­sée per­son­nelle. Le bon mili­tant” est un true beli­vier, qui pré­fère les réponses aux ques­tions parce qu’il a besoin de certitudes. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

À quoi sert le militantisme ? Rarement à faire…

« À quoi sert le mili­tan­tisme ? Rare­ment à faire avan­cer la cause que l’on défend, mais avant tout à se for­mer soi-même. À se doter d’un carac­tère. À se struc­tu­rer, phy­si­que­ment et men­ta­le­ment. Le mili­tan­tisme est une école. Le mili­tan­tisme est un don de soi. Mais il peut aus­si être une alié­na­tion. Il aliène chaque fois qu’il empêche de pen­ser par soi-même. […] Il per­met d’acquérir une armure, mais peut faire oublier que la cui­rasse n’est pas le corps. Il y a une énorme dif­fé­rence entre un esprit enga­gé et un esprit par­ti­san. Même au ser­vice de la meilleure des causes, un esprit par­ti­san n’est jamais un esprit libre. L’important est de tou­jours s’engager à temps com­plet, avec dés­in­té­res­se­ment. La prio­ri­té, c’est tou­jours l’au-delà de soi. »

Alain de Benoist
ID maga­zine, n°9, prin­temps 2007

C’est pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire…

« C’est pour pré­ser­ver ce qui est neuf et révo­lu­tion­naire dans chaque enfant que l’éducation doit être conser­va­trice, c’est-à-dire assu­rer la conti­nui­té du monde’. »

Han­nah Arendt
« La crise de l’é­du­ca­tion », La crise de la culture. Huit exer­cices de pen­sée poli­tique, 1968, trad. Col­lec­tif (édi­tions de Patrick Lévy), édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio essais, 1989

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