Plutôt le sang d’autrui sur mon couteau…

« Plu­tôt le sang d’autrui sur mon cou­teau que mon sang sur le cou­teau d’autrui. »

Her­mann Löns
Le Loup-Garou (Der Wehr­wolf), 1910, édi­tions Art et His­toire d’Europe, 1988

La citoyenneté a été vidée de sa substance…

« Le code civil, qui impo­sait que l’octroi de la natio­na­li­té fran­çaise soit subor­don­né à l’assimilation, a été vio­lé. La citoyen­ne­té a été vidée de sa sub­stance. Plus grave encore, les papiers d’identité confèrent un droit de pro­prié­té sur la terre. Les élites ont donc dis­po­sé de la France comme si elle leur appar­te­nait en propre. »

Mali­ka Sorel
Bran­dir un dra­peau est un acte émi­nem­ment poli­tique, entre­tien au Figa­ro, par Alexandre Devec­chio, 19 juillet 2019

La guerre. Les Pachtouns et avec eux les conquérants indo-européens…

« La guerre. Les Pach­touns et avec eux les conqué­rants indo-euro­péens, macé­do­niens et anglais qui tran­si­tèrent autre­fois par Chak­da­ra nous rap­pellent que l’Histoire est d’abord faite du sang des hommes mélan­gé à la terre. L’Europe l’a oublié et c’est pour cela qu’elle ne com­prend plus rien à la marche du monde. »

Erik L’Homme
Des pas dans la neige. Aven­tures au Pakis­tan, édi­tions Gal­li­mard Jeu­nesse, coll. Pôle fic­tion, 2010

Nous vivons dans un déni du collectif et du symbolique…

« Nous vivons dans un déni du col­lec­tif et du sym­bo­lique qui confine à la néga­tion de la réa­li­té de la condi­tion humaine et des condi­tions de l’expérience humaine, la pesan­teur, la durée, l’origine, l’appartenance, cette réa­li­té jamais aus­si pré­sente sans doute qu’au moment où elle est refu­sée davan­tage. Nous, Euro­péens, qui avons refu­sé de men­tion­ner l’origine chré­tienne de l’Europe et pré­ten­dons inter­dire à l’Italie d’accrocher des cru­ci­fix dans ses écoles, fai­sons comme si l’argent fai­sait socié­té, comme si la bulle de l’assistance et de l’argent public pou­vait rem­pla­cer la fron­tière, oublier l’origine et se sub­sti­tuer à l’unité poli­tique. Et nous, Fran­çais, fai­sons comme si ce n’était pas les arrière-petits-enfants des esclaves de la traite, les des­cen­dants loin­tains des royaumes et des empires assu­jet­tis et rui­nés, qui nous demandent des comptes en rai­son des liens, des ori­gines et du sang ! Ils ont été ceux que nous serons, expul­sés de notre ori­gine, inter­dits de notre iden­ti­té, sus­pec­tés de résis­tance à notre dis­pa­ri­tion, rebelles à deve­nir colo­nie de nos colo­nies. L’étrange consen­te­ment de l’Europe à sa fin n’est pas étran­ger aux attaques dont elle fait l’objet : le par­tage des dépouilles attire les appétits… »

Her­vé Juvin
Le ren­ver­se­ment du monde. Poli­tique de la crise, édi­tions Gal­li­mard, 2010

Notre monde est en train de naître…

« Notre monde est en train de naître. Invi­sible comme les fleurs et les blés de demain, il fait son che­min sous la terre. Nous avons déjà nos racines, soli­de­ment enfon­cées dans la nuit des âges, ancrées dans le sol de nos peuples, nour­ries du sang de nos anciens, riches de tant de siècles de cer­ti­tude et de cou­rage que nous sommes les seuls à ne pas renier. »

Jean Mabire
Les sol­stices, his­toire et actua­li­té, Le Flam­beau, 1991

Moi, je meurs. Mon esprit coule par vingt blessures…

« Moi, je meurs. Mon esprit coule par vingt blessures.
J’ai fait mon temps. Buvez, ô loups mon sang vermeil.
Jeune, brave, riant, libre et sans flétrissures,
Je vais m’asseoir par­mi les dieux, dans le soleil ! »

Charles-Marie Leconte de Lisle
« Le cœur du Hial­mar », in Poèmes bar­bares, 1862, édi­tions Gal­li­mard, coll. Poé­sie, 1985

En parcourant le camp, Achille fait armer…

« En par­cou­rant le camp, Achille fait armer ses guer­riers myr­mi­dons. On croi­rait voir des loups car­nas­siers, le cœur plein d’une indi­cible ardeur, qui vont dans la mon­tagne atta­quer le grand cerf ramé, puis le dévorent – de tous, le sang rou­git alors les bajoues ; en bande, ils vont laper l’eau noire d’une source avec leurs langues minces, tout en cra­chant le sang de la bête égor­gée, car, si leur cœur reste intré­pide en leur poi­trine, leur ventre est oppres­sé : ain­si, les conduc­teurs et les chefs des Myr­mi­dons accourent tous auprès du vaillant écuyer d’Achille aux pieds rapides. Au milieu d’eux se tient l’Eacide fou­gueux ; il sti­mule les chars et les hommes en armes. »

Homère
Iliade, Chant XVI, Pré­pa­ra­tifs des Myr­mi­dons, vers 800 – 725 av. notre ère

Parfois certains de mes vieux amis me reprochent…

« Par­fois cer­tains de mes vieux amis me reprochent de trop évo­quer le pas­sé. Si je parle du pas­sé, ce n’est pas par nos­tal­gie ou pas­séisme mais par res­pect pour le pré­sent et l’avenir. Car le pas­sé éclaire le pré­sent qui tient en lui-même l’essentiel de l’avenir. Dans la suite des temps et la suc­ces­sion des hommes, il n’y a pas d’acte iso­lé, de des­tin iso­lé. Tout se tient. Il faut croire à la force du pas­sé, au poids des morts, au sang et à la mémoire des hommes ; que serait un homme sans mémoire, il mar­che­rait dans la nuit ; que serait un peuple sans mémoire, il n’aurait pas d’avenir, et les hommes de l’avenir, ceux qui for­ge­ront l’avenir seront ceux qui auront la plus vaste mémoire. »

Hélie Denoix de Saint Marc
Allo­cu­tion lors de la remise de ses insignes de Grand Offi­cier dans l’ordre de la Légion d’Honneur, Fort de Nogent, 29 mars 2003

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