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Citations sur le peuple

Tout le mal est venu de la bourgeoisie…

« Car on ne sau­rait trop le redire. Tout le mal est venu de la bour­geoi­sie. Toute l’a­ber­ra­tion, tout le crime. C’est la bour­geoi­sie capi­ta­liste qui a infec­té le peuple. Et elle l’a pré­ci­sé­ment infec­té d’es­prit bour­geois et capi­ta­liste.
Je dis expres­sé­ment la bour­geoi­sie capi­ta­liste et la grosse bour­geoi­sie. La bour­geoi­sie labo­rieuse au contraire, la petite bour­geoi­sie est deve­nue la classe la plus mal­heu­reuse de toutes les classes sociales, la seule aujourd’­hui qui tra­vaille réel­le­ment, la seule qui par suite ait conser­vé intactes les ver­tus ouvrières, et pour sa récom­pense la seule enfin qui vive réel­le­ment dans la misère. Elle seule a tenu le coup, on se demande par quel miracle, elle seule tient encore le coup, et s’il y a quelque réta­blis­se­ment, c’est que c’est elle qui aura conser­vé le sta­tut. »

Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quin­zaine, 1913, Édi­tions des Équa­teurs, coll. Paral­lèles, 2008

C’est pour un peuple…

« C’est pour un peuple le plus déplo­rable de tous les aveu­gle­ments que de lais­ser perdre son ori­gi­na­li­té, que de mécon­naître sa nature la plus pro­fonde, que de se lais­ser entraî­ner à des pra­tiques étran­gères, que de cher­cher à acqué­rir des biens qui ne lui étaient pas des­ti­nés et que de mépri­ser ceux qu’il aurait eu la force de s’approprier […] Que la nation apprenne à s’analyser, à se fouiller : elle décou­vri­ra en son sein une source pro­fonde qui com­mu­nique avec des tré­sors sou­ter­rains ! »

Josef Görres, direc­teur du Mer­cure rhé­nan (1814−1815), cité par Alain de Benoist
Ce que pen­ser veut dire, Édi­tions du Rocher, 2017

Que reste-t-il aujourd’hui de tout cela ?…

« Que reste-t-il aujourd’­hui de tout cela ? Com­ment a‑t-on fait, du peuple le plus labo­rieux de la terre, et peut-être du seul peuple labo­rieux de la terre, du seul peuple peut-être qui aimait le tra­vail pour le tra­vail, et pour l’hon­neur, et pour tra­vailler, ce peuple de sabo­teurs, com­ment a‑t-on pu en faire ce peuple qui sur un chan­tier met toute son étude à ne pas en fiche un coup. Ce sera dans l’his­toire une des plus grandes vic­toires, et sans doute la seule, de la déma­go­gie bour­geoise intel­lec­tuelle. Mais il faut avouer qu’elle compte. Cette vic­toire. »

Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quin­zaine, 1913, Édi­tions des Équa­teurs, coll. Paral­lèles, 2008

Nous avons été nourris dans un peuple gai…

« Le croi­ra-t-on, nous avons été nour­ris dans un peuple gai. Dans ce temps-là un chan­tier était un lieu de la terre où des hommes étaient heu­reux. Aujourd’­hui un chan­tier est un lieu de la terre où des hommes récri­minent, s’en veulent, se battent ; se tuent.
De mon temps tout le monde chan­tait. (Excep­té moi, mais j’é­tais déjà indigne d’être de ce temps-là.) Dans la plu­part des corps de métiers on chan­tait. Aujourd’­hui on renâcle. Dans ce temps-là on ne gagnait pour ain­si dire rien. Les salaires étaient d’une bas­sesse dont on n’a pas idée. Et pour­tant tout le monde bouf­fait. Il y avait dans les plus humbles mai­sons une sorte d’ai­sance dont on a per­du le sou­ve­nir. Au fond on ne comp­tait pas. Et on n’a­vait pas à comp­ter. Et on pou­vait éle­ver des enfants. Et on en éle­vait. Il n’y avait pas cette espèce d’af­freuse stran­gu­la­tion éco­no­mique qui à pré­sent d’an­née en année nous donne un tour de plus. On ne gagnait rien ; on ne dépen­sait rien ; et tout le monde vivait. »

Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quin­zaine, 1913, Édi­tions des Équa­teurs, coll. Paral­lèles, 2008

Je fixe l’étrange clarté…

« Je fixe l’étrange clar­té en son­geant aux peuples de la lumière nor­dique dont le soleil, renais­sant chaque été, aimante les yeux déla­vés, cou­leur de glace morte. »

Syl­vain Tes­son
L’axe du loup, édi­tions Robert Laf­font, 2004

Je ne me suis jamais soumis…

« Je ne me suis jamais sou­mis.
Je me suis fait une âme plus grande
Que celle des maîtres de mon peuple.
Et je dis aux maîtres de mon peuple :
Pre­nez garde !
Pre­nez garde à ce qui vient :
Le peuple qui se lève… »

Patrick Pearse
Le Rebelle, 1916, cité par Jean Mabire, Patrick Pearse, une vie pour l’Irlande, édi­tions Terre et Peuple, 1998

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