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Citations sur le passé

Le destin du César n’était pas de ramener sur la terre…

« Le des­tin du César n’était pas de rame­ner sur la terre un monde à jamais abo­li, mais d’attester de sa péren­ni­té dans le cœur des hommes. Il était venu témoi­gner pour les temps futurs et non rame­ner la lumière. Il n’était point notre mes­sie, mais un monu­ment, un signe du pas­sé. Un ves­tige. Un vertige. »

Ber­nard Ucla
Le Veilleur d’Empire, édi­tions Oli­vier Orban, 1992

Nos institutions ne valent plus rien : là-dessus tout le monde…

« Nos ins­ti­tu­tions ne valent plus rien : là-des­sus tout le monde est d’accord. Pour­tant la faute n’en est pas à elles, mais à nous. […]. Pour qu’il y ait des ins­ti­tu­tions, il faut qu’il y ait une sorte de volon­té, d’instinct, d’impératif, anti­li­bé­ral jusqu’à la méchan­ce­té : une volon­té de tra­di­tion, d’autorité, de res­pon­sa­bi­li­té, éta­blie sur des siècles, de soli­da­ri­té enchaî­née à tra­vers des siècles, dans le pas­sé et dans l’avenir, in infi­ni­tum. Lorsque cette volon­té existe, il se fonde quelque chose comme l’imperium Roma­num : ou comme la Rus­sie, la seule puis­sance qui ait aujourd’­hui l’espoir de quelque durée, qui puisse attendre, qui puisse encore pro­mettre quelque chose, […] Tout l’occident n’a plus ces ins­tincts d’où naissent les ins­ti­tu­tions, d’où naît l’avenir : rien n’est peut-être en oppo­si­tion plus abso­lue à son « esprit moderne ». On vit pour aujourd’­hui, on vit très vite, — on vit sans aucune res­pon­sa­bi­li­té : c’est pré­ci­sé­ment ce que l’on appelle « liber­té ». Tout ce qui fait que les ins­ti­tu­tions sont des ins­ti­tu­tions est mépri­sé, haï, écar­té : on se croit de nou­veau en dan­ger d’esclavage dès que le mot « auto­ri­té » se fait seule­ment entendre. »

Frie­drich Nietzsche
Cré­pus­cule des idoles ou Com­ment on phi­lo­sophe avec un mar­teau (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

Le vrai héros, le vrai sujet, le centre de l’Iliade, c’est la force…

« Le vrai héros, le vrai sujet, le centre de l’Iliade, c’est la force. La force qui est maniée par les hommes, la force qui sou­met les hommes, la force devant quoi la chair des hommes se rétracte. L’âme humaine ne cesse pas d’y appa­raître modi­fiée par ses rap­ports avec la force ; entraî­née, aveu­glée par la force dont elle croit dis­po­ser, cour­bée sous la contrainte de la force qu’elle subit.
Ceux qui avaient rêvé que la force, grâce au pro­grès, appar­te­nait désor­mais au pas­sé, ont pu voir dans ce poème un docu­ment ; ceux qui savent dis­cer­ner la force, aujourd’­hui comme autre­fois, au centre de toute his­toire humaine, y trouvent le plus beau, le plus pur des miroirs. »

Simone Weil
L’Iliade ou le poème de la force, 1941, édi­tions de l’é­clat, coll. Éclats, 2014

Trois fées façonnent le Destin sur leur quenouille…

« Trois fées façonnent le Des­tin sur leur que­nouille et leur fuseau, de leurs doigts qui tordent les fils de la laine : c’est qu’il y a trois périodes dans le Temps, le pas­sé qui est déjà filé et dévi­dé dans le fuseau, le pré­sent qui passe dans les doigts de la fileuse ; le futur, c’est la laine enrou­lée sur la que­nouille qui doit pas­ser par les doigts de la fileuse sur le fuseau comme le pré­sent doit deve­nir le pas­sé […] On a vou­lu qu’elles fussent trois : l’une pour our­dir la vie de l’homme, la deuxième pour la tis­ser, la troi­sième pour la rompre. »

Isi­dore de Séville
vers 562 – 636

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