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Citations sur le confort

L’homme devenu libre foule aux pieds cette sorte de bien-être…

« L’homme deve­nu libre foule aux pieds cette sorte de bien-être mépri­sable dont rêvent les épi­ciers, les chré­tiens, les vaches, les femmes, les Anglais et autres démo­crates. L’homme libre est guerrier. »

Frie­drich Nietzsche
Cré­pus­cule des idoles ou Com­ment on phi­lo­sophe avec un mar­teau (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

Aucun des dogmes de la société moderne n’est inébranlable…

« Aucun des dogmes de la socié­té moderne n’est inébran­lable. Ni les usines gigan­tesques, ni les offices buil­dings qui montent jus­qu’au ciel, ni les grandes villes meur­trières, ni la morale indus­trielle, ni la mys­tique de la pro­duc­tion ne sont néces­saires à notre pro­grès. D’autres modes d’existence et de civi­li­sa­tion sont pos­sibles. La culture sans le confort, la beau­té sans le luxe, la machine sans la ser­vi­tude de l’usine, la science sans le culte de la matière per­met­traient aux hommes de se déve­lop­per indé­fi­ni­ment, en gar­dant leur intel­li­gence, leur sens moral et leur viri­li­té. »

Alexis Car­rel
L’Homme cet incon­nu, édi­tions Plon, 1935

Chacun se voit assurer l’indépendance par rapport à de nombreuses…

« Cha­cun se voit assu­rer l’indépendance par rap­port à de nom­breuses formes de pres­sion éta­tique, la majo­ri­té dis­pose d’un confort dont nos pères et nos grands-pères n’avaient aucune idée, on peut désor­mais éle­ver la jeu­nesse dans l’esprit des nou­veaux idéaux, en l’appelant à l’épanouissement phy­sique et au bon­heur, de l’argent, des loi­sirs, en l’habituant à une liber­té de jouis­sance presque sans limites – alors dites-moi au nom de quoi, dites-moi dans quel but cer­tains devraient s’arracher à tout cela et ris­quer leur pré­cieuse vie pour la défense du bien com­mun, sur­tout dans le cas bru­meux où c’est encore dans un pays éloi­gné qu’il faut aller com­battre pour la sécu­ri­té de son peuple ? Même la bio­lo­gie sait cela : il n’est pas bon d’être habi­tué à un trop grand bien-être. Aujourd’hui, c’est de la vie de la socié­té occi­den­tale que le bien-être a com­men­cé de sou­le­ver son masque funeste. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

Il faut d’abord avoir souffert d’indignation dans le cœur des villes modernes…

« La ten­ta­tion éré­mi­tique pro­cède d’un cycle immuable. Il faut d’abord avoir souf­fert d’indignation dans le cœur des villes modernes pour aspi­rer à une cabane fumant dans la clai­rière. Une fois anky­lo­sé dans la graisse du confor­misme et enkys­té dans le sain­doux du confort on est mûr pour l’appel de la forêt. »

Syl­vain Tesson
Dans les forêts de Sibé­rie, édi­tions Gal­li­mard, 2011

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