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Citations sur la Rome antique

La décision de Caracalla était bien révolutionnaire…

« La déci­sion de Cara­cal­la était bien révo­lu­tion­naire : elle rom­pait avec une poli­tique qui avait réser­vé la citoyen­ne­té hors d’Italie à une mino­ri­té, en géné­ral une élite sociale, et que les Empe­reurs avaient main­te­nue par-delà les nuances depuis Auguste. »

Fran­çois Jacques
Rome et l’intégration de l’empire (avec John Scheid), édi­tions des Presses Uni­ver­si­taires de France, 2010

Qu’est-ce qui distingue fondamentalement l’Empire de la nation ?

« Qu’est-ce qui dis­tingue fon­da­men­ta­le­ment l’Empire de la nation ? C’est d’abord le fait que l’Empire n’est pas seule­ment un ter­ri­toire, mais aus­si, et même essen­tiel­le­ment, un prin­cipe ou une idée. […] L’essentiel tient au fait que l’empereur tient son pou­voir de ce qu’il incarne un prin­cipe qui excède la simple pos­ses­sion. En tant que domi­nus mun­di, il est le suze­rain des princes et des rois, c’est-à-dire qu’il règne sur des sou­ve­rains, non sur des ter­ri­toires, et repré­sente une puis­sance trans­cen­dant les com­mu­nau­tés fédé­rées dont il assume la direc­tion. […] Evo­la rap­pelle éga­le­ment que « l’ancienne notion romaine de l’impe­rium, avant d’exprimer un sys­tème d’hégémonie ter­ri­to­riale supra­na­tio­nale, désigne la pure puis­sance du com­man­de­ment, la force qua­si mys­tique de l’auc­to­ri­tas » […]
L’Empire vise à uni­fier à un niveau supé­rieur sans sup­pri­mer la diver­si­té des cultures, des eth­nies et des peuples. Il cherche à asso­cier les peuples à une com­mu­nau­té de des­tin, sans pour autant les réduire à l’identique. Il est un tout où les par­ties sont d’autant plus auto­nomes que ce qui les réunit est plus solide – et ces par­ties qui le consti­tuent res­tent des ensembles orga­niques dif­fé­ren­ciés. Moel­ler van den Bruck pla­çait l’Empire sous le signe de l’unité des contraires, et c’est une image qu’on peut en effet rete­nir. Julius Evo­la, lui, défi­nis­sait l’Empire comme « une orga­ni­sa­tion supra­na­tio­nale telle que l’unité n’agisse pas dans le sens d’une des­truc­tion et d’un nivel­le­ment de la mul­ti­pli­ci­té eth­nique et cultu­relle qu’elle englobe ». C’est l’image clas­sique de l’uni­ver­si­tas, par oppo­si­tion à la socie­tas uni­taire et cen­tra­li­sée. La dif­fé­rence n’y est pas abo­lie, mais intégrée. »

Alain de Benoist
L’empire inté­rieur, édi­tions Fata Mor­ga­na, 1995

Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles…

« Ce n’est pas parce que les choses sont dif­fi­ciles que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »

Sénèque
Lettres à Luci­lius, XVII, 104, vers 63 – 64 (« Non quia dif­fi­ci­lia sunt non aude­mus, sed quia non aude­mus dif­fi­ci­lia sunt »)

À l’époque romaine archaïque, la devotio…

« À l’époque romaine archaïque, la devo­tio était une sorte de sui­cide accom­pli pour le salut de la patrie, un ser­ment par lequel un géné­ral s’offrait en sacri­fice aux dieux en échange de la vic­toire. »

Domi­nique Venner
His­toire et tra­di­tion des Euro­péens, Édi­tions du Rocher, coll. His­toire, 2002

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