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Citations sur la Rome antique

Pendant près de quinze siècles, le christianisme a commandé l’imaginaire…

« Pen­dant près de quinze siècles, le chris­tia­nisme a com­man­dé l’imaginaire et les repré­sen­ta­tions des Euro­péens. Il leur a four­ni une morale, une vision de la mort et de l’au-delà en même temps que les cadres tem­po­rels de leur exis­tence. C’est dans le récit biblique autant que dans la tra­di­tion troyenne que s’est ins­crite l’image des rois de France. C’est à l’inverse avec le pas­sé romain que renoue l’Empire chré­tien caro­lin­gien, conti­nué au siècle sui­vant par le Saint Empire romain ger­ma­nique. C’est d’autre part contre l’ennemi musul­man que se forge au nom du Christ, sur les fronts ibé­rique, médi­ter­ra­néen et orien­tal l’identité euro­péenne qui va s’affirmer à par­tir de l’an mil. »

Phi­lippe Conrad
Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

Georges Bataille estimait que la violence de la corrida…

« Georges Bataille esti­mait que la vio­lence de la cor­ri­da, incar­née dans le jeu qu’entretient l’homme vivant avec sa propre mort et la bête qui est en lui, sym­bo­li­sait la recherche de trans­cen­dance de l’homme. Il voyait dans la tau­ro­ma­chie la sur­vi­vance d’un culte ren­du par les légion­naires romains au dieu Mithra. D’autres théo­ries existent. On sait par exemple que les Celtes avaient des jeux ritua­li­sés assez proches, de même que la fresque du palais de Cnos­sos en Crète montre un jeune homme sau­tant par des­sus un énorme tau­reau furieux. »

Gabriel Robin
« Les Tra­di­tions vivantes », inter­ven­tion à la 7ème jour­née de réin­for­ma­tion de Polé­mia, Paris, 18 octobre 2014

Je ne puis vaincre cette sympathie que j’ai toujours…

« Je ne puis vaincre cette sym­pa­thie que j’ai tou­jours eue pour Julien l’Apostat. Si la métemp­sy­cose existe, j’ai été cet homme. C’est l’homme dont le rôle, la vie, le carac­tère m’eussent le mieux conve­nu dans l’histoire. »

Hen­ry de Montherlant
Car­nets 1930 – 1944, édi­tions Gal­li­mard, 1957, coll. Biblio­thèque de la Pléiade, 1963

Il y a toujours eu des gens pour se tromper de combat !

« Il y a tou­jours eu des gens pour se trom­per de com­bat ! Des Grecs ten­tés par l’alliance avec le Grand Roi ou tout sim­ple­ment par son or. Des Romains consi­dé­rant les Huns comme une pos­sible alliance de revers contre les Ger­mains. Des nobliaux d’Espagne jouant les Maures contre leurs plus proches voisins.
Cela c’est de la géo­po­li­tique de chef-lieu de canton.
Je pré­fère la sagesse d’Henri le Navi­ga­teur, fils et frère de roi, qui entre­prit de « faire recu­ler les bornes du monde ». La pre­mière étape en fut la prise de Ceu­ta en 1416 sur la côte nord du Maroc. En affai­blis­sant les royaumes musul­mans, le Por­tu­gal pre­nait le risque de ren­for­cer son concur­rent espa­gnol. À son frère le roi qui s’en inquié­tait, Hen­ri le Navi­ga­teur répon­dit : « Les infi­dèles vous veulent du mal par nature, et lui [le roi de Cas­tille] par acci­dent. » Remar­quable prise de conscience européenne. »

Jean-Yves Le Gallou
Les grandes batailles des Euro­péens, allo­cu­tion au sixième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 6 avril 2019

La fête [est] comme le jeu du mythe…

« La fête [est] comme le jeu du mythe. « Sacra­li­sa­tion des pre­miers temps » (Caillois), elle est à ce titre res­ti­tu­tion de « la situa­tion limite où l’ordre est né du désordre, où le chaos et le cos­mos se trouvent encore conti­gus » (Gus­dorf). Elle auto­rise par là, l’espace d’un moment, toutes les formes de trans­gres­sion, quand le corps exprime l’esprit, quand l’excès même res­ti­tue la norme, quand le déchaî­ne­ment ritua­li­sé des forces élé­men­taires per­met de mieux assu­rer encore l’équilibre bien­fai­sant de la mise en ordre ini­tiale. Tout échange est alors pos­sible, sous le masque, parce que la fête est l’un des lieux du don. « D’un point de vue dyna­mique, observe Georges Gus­dorf, le sché­ma de la fête cor­res­pond à une cir­cu­la­tion indé­fi­ni­ment accrue, cir­cu­la­tion de biens maté­riels, mais aus­si de sen­ti­ments, cir­cu­la­tion ani­mée par une grâce d’ouverture de cha­cun à cha­cun, de géné­ro­si­té et d’échange ». »

Alain de Benoist
L’empire inté­rieur, édi­tions Fata Mor­ga­na, 1995

Ce qui n’est pas utile à l’essaim…

« Ce qui n’est pas utile à l’essaim n’est pas non plus utile à l’abeille. »

Marc Aurèle
Pen­sées pour moi-même, VI, 54, vers 170 – 180, trad. Mario Meu­nier, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 1964

Des temps sans art ni philosophie dignes…

« Des temps sans art ni phi­lo­so­phie dignes de ce nom peuvent encore être des ères de force ; ce sont les Romains qui nous l’ont appris. »

Oswald Spen­gler
Écrits his­to­riques et phi­lo­so­phiques. Pen­sées, édi­tions Coper­nic, 1980

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