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Citations sur la richesse

Le marchand et le héros…

« Le mar­chand et le héros : ils consti­tuent les deux grandes oppo­si­tions, les deux pôles de toute l’orientation humaine. Le mar­chand entre dans la vie en lui disant : que peux-tu me don­ner ? Il veut prendre, il veut, en échange du moindre effort, avoir le plus pos­sible, il veut conclure avec la vie une affaire avan­ta­geuse. Bref : il est pauvre. Le héros entre dans la vie en lui deman­dant : que puis-je te don­ner ? Il veut faire des cadeaux, il veut se dépen­ser sans contre­par­tie. Bref : il est riche. Le mar­chand ne parle que de ses droits”, le héros ne parle que de ses devoirs” […] Nous pou­vons dire encore que la men­ta­li­té mer­can­tile tourne autour de l’intérêt, la men­ta­li­té héroïque autour de l’idée ; l’essence de celle-là est de récla­mer, l’essence de celle-ci est de se sacri­fier. »

Wer­ner Sombart
Händ­ler und Hel­den, 1915, cité par Alain de Benoist dans Quatre figures de la Révo­lu­tion Conser­va­trice alle­mande, Les Amis d’Alain de Benoist, 2014

La crainte humaine, en tous les temps, sous tous les cieux…

« La crainte humaine, en tous les temps, sous tous les cieux, en chaque cœur, n’est jamais qu’une seule et même crainte : la peur du néant, les épou­vantes de la mort. Nous l’entendons déjà de la bouche de Gil­ga­mesh ; nous l’entendons dans le psaume XC, et nous en sommes demeu­rés là jusqu’à l’heure actuelle. La vic­toire sur la crainte de la mort est donc en même temps, le triomphe sur toute autre ter­reur ; elles toutes n’ont de sens que par rap­port à cette ques­tion pre­mière. Aus­si le recours aux forêts est-il, avant tout, marche vers la mort. Elle mène tout près d’elle – et s’il le faut, à tra­vers elle. La forêt, asile de la vie, dévoile ses richesses sur­réelles quand l’homme a réus­si à pas­ser la ligne. Elle tient en elle tout le sur­croît du monde. »

Ernst Jün­ger
Trai­té du rebelle ou le recours aux forêts (Der Wald­gang), 1951, trad. Hen­ri Plard, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 1995

Un pays peut perdre sa richesse, il n’en meurt pas…

« Un pays peut perdre sa richesse, il n’en meurt pas. Il peut perdre ses liber­tés, être acca­blé d’impôts, détruire ses pay­sages, aban­don­ner sa sou­ve­rai­ne­té même, il n’en meurt pas. De tout cela, il peut se rele­ver. Mais s’il perd son iden­ti­té, qu’il ne sait plus ce qu’il est, d’où il vient, où est sa vraie richesse, alors il meurt. »

Phi­lippe de Villiers
Les cloches son­ne­ront-elles encore demain ?, Albin Michel, 2016

Qui ne sait être pauvre est né pour l’esclavage…

« Qui ne sait être pauvre est né pour l’esclavage
Qu’il serve donc les grands, les flatte, les ménage
Qu’il plie en appro­chant de ces superbes fronts
Sa tête à la prière et son âme aux affronts
Pour qu’il puisse, enri­chi de ces affronts utiles
Enri­chir à son tour quelques têtes serviles.
De ces hon­teux tré­sors je ne suis point jaloux
Une pau­vre­té libre est un tré­sor si doux ! »

André Ché­nier, « Ô jours de mon prin­temps », Élégies
Œuvres com­plètes, Pléiade, 1950

Ici comme ailleurs, on ne fait plus que dilapider…

« Ici comme ailleurs, on ne fait plus que dila­pi­der sans ver­gogne les richesses du pas­sé. On tire des traites, sans comp­ter, sur un héri­tage qui nous a été confié, sans pou­voir ni l’accroître, ni même le sau­ver. Grand solde des décadences. »

Jean Clair
Jour­nal atra­bi­laire, édi­tions Gal­li­mard, coll. L’un et l’autre, 2006

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