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Citations sur la propagande

La novlangue repose sur l’inversion du sens…

« [La nov­langue] repose sur l’inversion du sens qui reflète l’inversion des valeurs sur laquelle se fonde jus­te­ment l’idéologie du Sys­tème. Ain­si, par exemple, le mot « Répu­blique » ne désigne-t-il plus de nos jours la sou­ve­rai­ne­té du peuple mais son contraire : la sou­mis­sion à l’idéologie cos­mo­po­lite, au gou­ver­ne­ment des juges et à la loi des mar­chés. »

Jean-Yves Le Gal­lou (dir.)
Nou­veau dic­tion­naire de nov­langue, La nov­langue revi­si­tée (avant-pro­pos), Polé­mia édi­teur, 2013

L’homme moderne est invité à ne plus avoir de vilains réflexes…

« (…) L’homme moderne, non seule­ment est invi­té à ne plus avoir de vilains réflexes, les­quels n’ex­priment pas autre chose que sa négli­geable per­son­na­li­té, mais qu’en outre, en tant que frag­ment et com­po­sant de la conscience col­lec­tive, il est tenu de s’as­so­cier à des croi­sades dont il est, au fond de lui-même, l’ad­ver­saire. »

Mau­rice Bar­dèche
Sparte et les Sudistes, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1969

Quand la liberté d’expression se ramène en fait à la liberté de propagande…

« Quand la liber­té d’expression se ramène en fait à la liber­té de pro­pa­gande pour les orga­ni­sa­tions de ce genre, les seules par­ties de l’âme humaine qui méritent de s’exprimer ne sont pas libres de la faire. Ou elles le sont à un degré infi­ni­té­si­mal, à peine davan­tage que dans le sys­tème tota­li­taire. »

Simone Weil
La per­sonne et le sacré, 1943, édi­tions Gal­li­mard, coll. Espoir, 1957, R&N Édi­tions, 2016

Ne renoncez pas à chercher la vérité…

« Ne renon­cez pas à cher­cher la véri­té, essayez de tou­jours dis­tin­guer le savoir hon­nête de la fal­si­fi­ca­tion des faits par la pro­pa­gande […]. Essayez de res­ter des hommes libres, res­pon­sables, aspi­rant à un savoir hon­nête et pro­fond […]. Recher­chez les voies qui vous mène­ront à un savoir non fal­si­fié. Dis­cu­tez, nouez des contacts avec des gens qui vous aide­ront à cher­cher la véri­té, pen­sez… »

Tract du syn­di­cat « Soli­da­ri­té » des ensei­gnants, Var­so­vie, 17 jan­vier 1982, et Bul­le­tin d’information Soli­dar­nosc, n°8, 22 février 1982.

Le réformisme officiel est devenu de façade…

« Le réfor­misme offi­ciel est deve­nu de façade, il est à pré­sent le bras armé, et pré­sen­table, du néo­li­bé­ra­lisme. »

Mar­cel Gau­chet
Que faire ? Dia­logue sur le com­mu­nisme, le capi­ta­lisme et l’avenir de la démo­cra­tie, avec Alain Badiou, Phi­lo­so­phie édi­tions, 2014

Un grand journal ne peut se payer le luxe de critiquer les grands magasins…

« Deux fois dans ma vie un rédac­teur-en-chef m’a dit qu’il n’o­sait pas impri­mer ce que j’a­vais écrit de peur d’of­fen­ser les annon­ceurs de son jour­nal. […] En ces deux occa­sions il me refu­sa la liber­té d’ex­pres­sion parce que j’a­vais écrit que les grands maga­sins qui béné­fi­cient de la publi­ci­té que l’on sait étaient en réa­li­té pires que les petits maga­sins. C’est la une des choses, et elle est digne d’être rele­vée, qu’un homme n’a désor­mais plus le droit de dire ; peut-être même la seule chose qui lui soit réel­le­ment inter­dite. Si j’a­vais atta­qué le gou­ver­ne­ment, on aurait trou­vé cela très bien ; si j’a­vais atta­qué Dieu, on aurait trou­vé cela encore mieux. Si j’a­vais cri­ti­qué le mariage, le patrio­tisme ou la morale publique, j’au­rais eu droit à la pre­mière page de la presse domi­ni­cale. Mais un grand jour­nal ne peut se payer le luxe de cri­ti­quer les grands maga­sins, étant un grand maga­sin à sa manière et en passe de deve­nir lui-même un mono­pole. »

Gil­bert Keith Ches­ter­ton
Plai­doyer pour une pro­prié­té anti­ca­pi­ta­liste, 1926, trad. Gérard Jou­lié, édi­tions de l’Homme Nou­veau, 2010

La vérité concernant la presse…

« La véri­té concer­nant la presse, c’est qu’elle n’est pas telle que son nom la désigne. Elle n’est pas la presse popu­laire”. Elle n’est pas la presse publique. Elle n’est pas davan­tage un organe de l’o­pi­nion publique. Elle est une conspi­ra­tion our­die par un petit nombre de mil­lion­naires qui se sont enten­dus sur ce que cette grande nation (à laquelle nous appar­te­nons) doit savoir sur elle-même, ses alliés, ses enne­mis. […]
Si bien que le lec­teur de jour­nal reçoit toutes ses infor­ma­tions et ses mots d’ordre poli­tiques de ce qui à l’heure qu’il est consti­tue plus ou moins consciem­ment une sorte de socié­té secrète, com­po­sée d’un très petit nombre de membres dis­po­sant de beau­coup d’argent. »

Gil­bert Keith Ches­ter­ton
Uto­pie des usu­riers, trad. Gérard Jou­lié, édi­tions de l’Homme Nou­veau, 2010

Le problème que doit résoudre aujourd’hui le journaliste…

« Le pro­blème que doit résoudre aujourd’­hui le jour­na­liste poli­tique est le sui­vant : s’il a véri­ta­ble­ment l’in­ten­tion de dénon­cer devant l’o­pi­nion un mar­chan­dage contac­té entre un gou­ver­ne­ment et un entre­pre­neur, c’est, de nos jours, au Par­le­ment qu’il a affaire ; c’est-à-dire un comi­té qui le contrôle. Et il doit tran­cher entre deux points de vue. Ou bien il décide qu’il ne peut exis­ter de gou­ver­ne­ment cor­rom­pu. Ou bien il décide qu’il appar­tient à un gou­ver­ne­ment cor­rom­pu de dénon­cer sa propre cor­rup­tion. Je lui donne le choix tout en riant sous cape. »

Gil­bert Keith Ches­ter­ton
Uto­pie des usu­riers, trad. Gérard Jou­lié, édi­tions de l’Homme Nou­veau, 2010

La presse est devenue la force la plus importante des États occidentaux…

« Et, avec tout cela, la presse est deve­nue la force la plus impor­tante des États occi­den­taux, elle dépasse en puis­sance les pou­voirs exé­cu­tif, légis­la­tif et judi­ciaire. Pour­tant, voyons : en ver­tu de quelle loi a‑t-elle été élue et à qui rend-elle compte de son acti­vi­té ? Si, dans l’Est com­mu­niste, un jour­na­liste est ouver­te­ment nom­mé comme tout fonc­tion­naire — quels sont les élec­teurs de qui les jour­na­listes occi­den­taux tiennent leur posi­tion pré­pon­dé­rante ? Pour com­bien de temps l’oc­cupent-ils et de quels pou­voirs sont-ils inves­tis ? »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

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