Le monde moderne avilit. Il avilit…

« Le monde moderne avi­lit. Il avi­lit la cité ; il avi­lit l’homme. Il avi­lit l’amour ; il avi­lit la femme. Il avi­lit la race ; il avi­lit l’enfant. Il avi­lit la nation ; il avi­lit la famille, (…) il avi­lit la mort. »

Charles Péguy
De la situa­tion faite au par­ti intel­lec­tuel dans le monde moderne devant les acci­dents de la gloire tem­po­relle, Les Cahiers de la Quin­zaine, IX‑1, 1907, in Œuvres en prose com­plètes, Tome II, édi­tions Gal­li­mard, coll. Biblio­thèque de la Pléiade, 1988

Un des grands malheurs de la vie moderne…

« Un des grands mal­heurs de la vie moderne, c’est le manque d’imprévu, l’absence d’aventures. »

Théo­phile Gautier
Voyage en Espagne, 1845, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 1999

Il faut d’abord avoir souffert d’indignation dans le cœur des villes modernes…

« La ten­ta­tion éré­mi­tique pro­cède d’un cycle immuable. Il faut d’abord avoir souf­fert d’indignation dans le cœur des villes modernes pour aspi­rer à une cabane fumant dans la clai­rière. Une fois anky­lo­sé dans la graisse du confor­misme et enkys­té dans le sain­doux du confort on est mûr pour l’appel de la forêt. »

Syl­vain Tesson
Dans les forêts de Sibé­rie, édi­tions Gal­li­mard, 2011

Cette déposition de la conscience personnelle instinctive…

« Cette dépo­si­tion de la conscience per­son­nelle ins­tinc­tive au pro­fit de la conscience indus­trielle est le sceau de l’é­poque moderne, la marque impo­sée par elle sur le bras des esclaves. Et ce signa­le­ment dis­tingue si par­fai­te­ment les hommes de notre temps de ceux des autres siècles qu’on le véri­fie sous tous les régimes, qu’ils soient tota­li­taires ou qu’ils se disent libéraux. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1969

La masse est ce qui n’agit pas par soi-même…

« Dans une bonne ordon­nance des choses poli­tiques, la masse est ce qui n’agit pas par soi-même. Sa « mis­sion » est de ne pas agir. Elle est venue au monde pour être diri­gée, influen­cée, repré­sen­tée, orga­ni­sée — même quand le but pro­po­sé est qu’elle ne cesse d’être masse, ou du moins aspire à ne plus l’être. Mais elle n’est pas venue au monde pour faire tout cela par elle-même. Elle doit régler sa vie sur cette ins­tance supé­rieure que consti­tuent les mino­ri­tés d’élite. On dis­cu­te­ra autant qu’on vou­dra sur l’excellence des hommes excel­lents ; mais que sans eux l’humanité dans ce qu’elle a de plus essen­tiel n’existerait pas c’est un fait sur lequel il convient de n’avoir aucun doute, bien que l’Europe ait pas­sé tout un siècle, la tête sous l’aile, à la façon des autruches, s’efforçant de ne pas voir une chose d’une si lumi­neuse évidence. »

José Orte­ga y Gasset
La révolte des masses (La rebe­lión de las masas, 1929), trad. Louis Par­rot, édi­tions Stock, 1937

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