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Citations sur la domination

L’essentiel d’un destin que résuma aux Thermopyles…

« L’essentiel d’un des­tin que résu­ma aux Ther­mo­pyles l’épitaphe de Simo­nide : obéir à une loi. Il est admis en Grèce que Lacé­dé­mone repré­sente par excel­lence cette chose toute grecque, igno­rée du reste du monde orien­tal et qui fonde non seule­ment la cité, mais la science et la phi­lo­so­phie : le règne de la loi, et, plus encore, l’héroï­sa­tion de la loi. La loi oppose un être abs­trait, ration­nel et fixe à la domi­na­tion per­son­nelle et arbi­traire d’un homme. C’est ce que dans Héro­dote Déma­rate apprend à Xerxès : « La loi est pour eux un maître abso­lu ; ils la redoutent beau­coup plus que tes sujets ne te craignent. Ils obéissent à ses ordres, et ses ordres, tou­jours les mêmes, leur défendent la fuite. » Cette figure vivante de la loi qu’on aper­çoit au pied du Tay­gète donne à Sparte, dans l’hellénisme reli­gieux et calme du temps des guerres médiques, une pres­tige, une auto­ri­té, un pri­mat ana­logues à ceux que reçoivent Delphes de la Pythie, et Olym­pie de l’Altis. Être sou­mis à la loi c’est durer par elle, selon elle, et Sparte c’est la chose qui dure.
Thu­cy­dide attri­bue le secret de sa puis­sance à ce fait que depuis quatre cent ans elle est régie par la même consti­tu­tion. Repré­sen­tants de la loi les Spar­tiates sont pour­tant les enne­mis de la tyran­nie, et c’est en inter­ve­nant dans les villes contre les tyrans qu’ils s’habituent à inter­ve­nir dans les affaires des cités. Seuls d’ailleurs par­mi les Grecs ils ont conser­vé l’ancienne royau­té homé­rique, en la divi­sant pour lui enle­ver sa force d’agression inté­rieure et de tyran­nie. Toutes les magis­tra­tures, héré­di­taires ou col­lec­tives res­tant col­lé­giales, l’un réside vrai­ment dans la loi, et dans la loi seule. »

Albert Thi­bau­det
La cam­pagne avec Thu­cy­dide, 1922

Islams « modéré » et « rigoriste » ne divergent pas…

« Islams « modé­ré » et « rigo­riste » ne divergent pas dans leurs fina­li­tés mais se dis­tinguent en rai­son des situa­tions socia­le­ment dif­fé­rentes dans les­quelles ils sont pla­cés : le pre­mier est mino­ri­taire et donc conci­liant, le second est domi­nant et donc domi­na­teur. Dans ces condi­tions, il est natu­rel que le mécréant soit enclin à sus­pec­ter la dis­si­mu­la­tion du loup isla­miste sous les traits de la bre­bis musul­mane. Com­ment pour­rait-il croire que l’islam est une reli­gion capable de tolé­rance quand celui-ci n’hésite pas à reven­di­quer pour lui, en Occi­dent, les liber­tés col­lec­tives de pro­sé­ly­tisme et indi­vi­duelle de conver­sion qu’il refuse aux autres reli­gions dans les ter­ri­toires qu’il contrôle ? »

Guillaume Ber­nard
Islam : le bon, la brute et le mécréant, Valeurs actuelles, 16 octobre 2014

La dissolution de l’autorité n’a pas conduit à la liberté…

« La dis­so­lu­tion de l’autorité n’a pas conduit à la liber­té, mais à de nou­velles formes de domi­na­tion. »

Chris­to­pher Lasch
La culture du nar­cis­sismeLa vie amé­ri­caine à un âge de déclin des espé­rances (The Culture of nar­cis­sism – Ame­ri­can Life in An Age of Dimi­ni­shing Expec­ta­tions), 1979, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Cli­mats, 2000

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