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Citations sur la civilisation

La condition nécessaire pour surmonter les crises en cours…

« La condi­tion néces­saire pour sur­mon­ter les crises en cours consiste à ren­ver­ser la table et à balayer l’idéologie mor­ti­fère aujourd’hui domi­nante, à affir­mer les iden­ti­tés des patries char­nelles et des nations et la com­mu­nau­té civi­li­sa­tion­nelle cor­res­pon­dant à notre vieille Europe bri­sée par le sombre XXe siècle. »

Phi­lippe Conrad
Rele­ver le défi migra­toire, rendre à l’Europe son iden­ti­té, allo­cu­tion au troi­sième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 9 avril 2016

Les héros de ces chants vivent encore en nous…

« Les héros de ces chants vivent encore en nous. Leur cou­rage nous fas­cine. Leurs pas­sions nous sont fami­lières. Leurs aven­tures ont for­gé des expres­sions que nous employons. Ils sont nos frères et sœurs éva­po­rés : Athé­na, Achille, Ajax, Hec­tor, Ulysse et Hélène ! Leurs épo­pées ont engen­dré ce que nous sommes, nous autres Euro­péens : ce que nous sen­tons, ce que nous pen­sons. Les Grecs ont civi­li­sé le monde”, écri­vait Cha­teau­briand. Homère conti­nue à nous aider à vivre. »

Syl­vain Tesson
Un été avec Homère, Édi­tions des Équa­teurs, 2018

Mon idée de la tradition est neuve…

« Mon idée de la tra­di­tion est neuve. Elle défi­nit mon inter­pré­ta­tion de l’histoire et du des­tin des Euro­péens. Elle est éga­le­ment appli­cable aux autres peuples. Elle part du constat que l’histoire conven­tion­nelle de la civi­li­sa­tion euro­péenne est un leurre. Der­rière ce leurre se déroule une his­toire réelle faite de per­ma­nences secrètes. La tra­di­tion est l’expression de ces permanences. »

Domi­nique Venner
Le Choc de l’Histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

Pendant près de quinze siècles, le christianisme a commandé l’imaginaire…

« Pen­dant près de quinze siècles, le chris­tia­nisme a com­man­dé l’imaginaire et les repré­sen­ta­tions des Euro­péens. Il leur a four­ni une morale, une vision de la mort et de l’au-delà en même temps que les cadres tem­po­rels de leur exis­tence. C’est dans le récit biblique autant que dans la tra­di­tion troyenne que s’est ins­crite l’image des rois de France. C’est à l’inverse avec le pas­sé romain que renoue l’Empire chré­tien caro­lin­gien, conti­nué au siècle sui­vant par le Saint Empire romain ger­ma­nique. C’est d’autre part contre l’ennemi musul­man que se forge au nom du Christ, sur les fronts ibé­rique, médi­ter­ra­néen et orien­tal l’identité euro­péenne qui va s’affirmer à par­tir de l’an mil. »

Phi­lippe Conrad
Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

Notre identité ne vient pas de nulle part…

« Il ne s’agit pas d’affirmer dans l’absolu la supé­rio­ri­té de notre civi­li­sa­tion sur les autres mais de refu­ser toute forme de repen­tance. Et de rap­pe­ler que notre iden­ti­té ne vient pas de nulle part mais a pour ori­gine notre héré­di­té et notre héri­tage euro­péens. Il s’agit aus­si d’affirmer notre volon­té de res­pec­ter notre civi­li­sa­tion, d’en reprendre et d’en enri­chir les tra­di­tions et de les trans­mettre à nos des­cen­dants. Bref de refu­ser la table rase et le grand rem­pla­ce­ment génocidaire. »

Jean-Yves Le Gallou
Pour la pré­fé­rence de civi­li­sa­tion, allo­cu­tion au troi­sième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 9 avril 2016

Je définirais une société civilisée en ces termes…

« Je défi­ni­rais une socié­té civi­li­sée en ces termes : celle où il y a inter­ac­tion d’une aris­to­cra­tie et d’un arti­sa­nat. (Je n’ai pas dit : une noblesse ; une bour­geoi­sie suf­fit, mais il la faut aris­to­crate.) Sans arti­sa­nat on n’a qu’une peu­plade peut-être struc­tu­rée mais à laquelle le terme civi­li­sée” ne s’ap­plique pas. Sans aris­to­cra­tie, on a ce que nous avons main­te­nant : des couches super­po­sées de semi-pro­fes­sion­nels cher­chant à gagner un maxi­mum de sous en un mini­mum d’heures. Cela non plus n’est pas une civilisation. »

Vla­di­mir Volkoff
Le com­plexe de Pro­custe, édi­tions Jul­liard – L’Âge d’Homme, 1981

Une civilisation est, me semble-t-il…

« Une civi­li­sa­tion est, me semble-t-il, une sorte d’é­tat de grâce ou l’au­to­ri­té tuté­laire, au lieu d’é­touf­fer ses aspi­ra­tions, offre à l’homme de la Cité, pro­tec­tion et liber­té. Par pro­tec­tion”, j’en­tends un cer­tain nombre de règles de vie en socié­té qui restreignent nos liber­tés les plus anar­chiques, pour que s’é­pa­nouissent la spi­ri­tua­li­té dans cer­tains cas, dans d’autres la créa­tion artis­tique (expres­sion très géné­rale) qui est une des nobles aspi­ra­tions de l’homme sur cette terre. Même les artistes les plus athées, les plus dépour­vus de spi­ri­tua­li­té sont encore des croyants, ou alors, c’est que leur œuvre est sans âme. L’é­qui­libre à trou­ver entre la main de velours et l’ou­ver­ture à toutes les créa­tions et un des plus dif­fi­ciles pro­blèmes de ces der­niers siècles. On en connait peu d’exemples depuis l’An­ti­qui­té, je par­le­rais volon­tiers, dans ce cas, d’har­mo­nie, une har­mo­nie qui pour les bien­heu­reux pos­sé­dés par la foi se nimbe du mys­tère de la poé­sie, puis, pour les autres, est le ter­rain idéal de la spé­cu­la­tion esthé­tique et philosophique. »

Michel Déon
L’Herne Déon, Cahier diri­gé par Lau­rence Tacou, Édi­tions de l’Herne, 2009

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