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Citations sur la civilisation

La civilisation de la quantité opposée à celle de la qualité…

« La civi­li­sa­tion de la quan­ti­té oppo­sée à celle de la qua­li­té. Les imbé­ciles y dominent donc par le nombre, ils sont le nombre […]. Un monde domi­né par la force est un monde abo­mi­nable, mais le nombre domi­né par le nombre est ignoble. La force fait tôt ou tard sur­gir des révol­tés, elle engendre l’esprit de révolte, elle fait des héros et des mar­tyrs. La tyran­nie abjecte du nombre est une infec­tion lente qui n’a jamais pro­vo­qué de fièvre. Le nombre crée une socié­té à son image, une socié­té d’êtres non pas égaux mais pareils, seule­ment recon­nais­sables à leurs empreintes digitales. »

Georges Ber­na­nos
La France contre les robots, édi­tions Robert Laf­font, 1947

La mère n’avait point seulement transmis la vie…

« La mère n’avait point seule­ment trans­mis la vie : elle avait, à ses fils, ensei­gné un lan­gage, elle leur avait confié un bagage si len­te­ment accu­mu­lé au cours des siècles, le patri­moine spi­ri­tuel qu’elle avait elle-même reçu en dépôt, ce petit lot de tra­di­tions, de concepts et de mythes qui consti­tue toute la dif­fé­rence qui sépare New­ton ou Sha­kes­peare de la brute des cavernes. »

Antoine de Saint-Exupéry
Terre des hommes, 1939

Il est fort probable que la violence durera aussi longtemps que l’homme…

« Il faut consi­dé­rer comme sans fon­de­ment toutes les doc­trines qui voient dans l’âge indus­triel ou éco­no­mique le suc­ces­seur paci­fique de l’âge mili­taire, non seule­ment parce que l’ennemi poli­tique ne se réduit pas au seul enne­mi mili­taire, mais encore parce que la poli­tique pénètre d’inimitié l’économie, la science, la morale et la tech­nique aus­si bien que les armées.
Il est fort pro­bable que la vio­lence dure­ra aus­si long­temps que l’homme ; elle est de tous les temps, encore qu’elle se montre plus viru­lente à cer­taines époques qu’à d’autres, quand l’idéologie lui pré­pare le ter­rain. De ce point de vue il est indis­cu­table que le socia­lisme révo­lu­tion­naire (Blan­qui, Marx, Sorel, Lénine) a été, avant le fas­cisme, le pro­pa­ga­teur de la vio­lence dans le monde contem­po­rain. Il est naïf de croire que le pro­grès de la civi­li­sa­tion pour­rait sub­sti­tuer l’ère de la séré­ni­té à celle de la vio­lence. Au contraire, les nou­veaux moyens que le pro­grès met à la dis­po­si­tion de l’homme, celui-ci les uti­lise non seule­ment au ser­vice de la guerre (nous le consta­tons tous les jours), mais de toutes les formes de la vio­lence, révo­lu­tion­naire, psy­cho­lo­gique, etc. Loin de décroître en inten­si­té elle s’adapte sans cesse aux nou­velles condi­tions. Pour les mêmes rai­sons on ne sau­rait par­ler de peuples doux. Il se trouve seule­ment qu’à cer­taines époques de l’histoire la civi­li­sa­tion d’une col­lec­ti­vi­té par­vient à limi­ter l’usage de la vio­lence. »

Julien Freund
L’essence du poli­tique, édi­tions Sirey, 1965

La Grande Guerre, cette catastrophe européenne…

« Le XXème siècle, nous le savons, est mort en 1989. Il aura duré soixante-dix ans. Il avait vu le jour entre 1914 et 1918, fils de l’horreur et de l’imposture. La Grande Guerre”, cette catas­trophe euro­péenne, fut déclen­chée et conduite par des bar­bons très conve­nables au nom des valeurs éter­nelles” de la per­sonne humaine, du droit, de la patrie et de la civi­li­sa­tion. Des tue­ries sans nom, la liqui­da­tion de géné­ra­tions entières de jeunes hommes, la nais­sance à l’Est de la plus féroce et de la plus absurde des tyran­nies, la des­truc­tion d’équilibres sécu­laires irrem­pla­çables, le char­cu­tage inique des nations d’Europe cen­trale pour com­plaire aux uto­pies ou aux ambi­tions de vision­naires éga­rés, sans oublier l’enfantement, vingt ans plus tard, d’un nou­vel holo­causte pire encore, voi­là de quoi avait accou­ché l’ère bour­geoise triom­phante, héri­tière satis­faite de 1789. »

Domi­nique Venner
Le cœur rebelle, Les Belles Lettres, 1994, réédi­tion Pierre-Guillaume de Roux, 2014

Et le spectre de l’uniformité ne rôde pas seulement autour des bêtes et des plantes…

« Et le spectre de l’uniformité ne rôde pas seule­ment autour des bêtes et des plantes. Les hommes, leurs idées, leurs aspi­ra­tions, leurs dieux et leurs œuvres sont mena­cés par la civi­li­sa­tion du Même. Un Papou conver­ti au chris­tia­nisme, c’est un dieu cou­tu­mier qui ne sera plus prié, c’est donc un pas de plus vers l’unicité. »

Syl­vain Tesson
Petit trai­té sur l’immensité du monde, édi­tions des Équa­teurs, 2005

Les catastrophes éprouvent à quelle profondeur hommes et peuples demeurent enracinés…

« Les catas­trophes éprouvent à quelle pro­fon­deur hommes et peuples demeurent enra­ci­nés dans leurs ori­gines. Qu’une racine, du moins, puisent direc­te­ment au sol nour­ri­cier – la san­té et les chances de sur­vie en dépendent, alors même que la civi­li­sa­tion et ses assu­rances ont disparu. »

Ernst Jün­ger
Trai­té du rebelle ou le recours aux forêts (Der Wald­gang), 1951, trad. Hen­ri Plard, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 1995

Il est inutile de se faire des illusions avec les chimères…

« Il est inutile de se faire des illu­sions avec les chi­mères d’un quel­conque opti­misme : nous nous trou­vons aujourd’hui à la fin d’un cycle. Depuis des siècles déjà, tout d’abord de façon insen­sible, puis avec le mou­ve­ment d’une ava­lanche, de mul­tiples pro­ces­sus ont détruit, en Occi­dent, tout ordre nor­mal et légi­time des hommes, ont faus­sé les concep­tions les plus hautes de la vie, de l’action, de la connais­sance et du com­bat. Et le mou­ve­ment de cette chute, sa vitesse, son côté ver­ti­gi­neux, a été appe­lé pro­grès”. Et des hymnes au pro­grès” furent enton­nés, et l’on eut l’illusion que cette civi­li­sa­tion – civi­li­sa­tion de matière et de machine – était la civi­li­sa­tion par excel­lence, celle à laquelle toute l’histoire du monde était pré-ordon­née : jusqu’à ce que les consé­quences ultimes de tout ce pro­ces­sus fussent telles qu’elles pro­vo­quèrent, chez cer­tains, un réveil. »

Julius Evo­la
Orien­ta­tions (Orien­ta­men­ti), 1950

L’État a toujours été l’acteur acharné du déracinement des Français…

« [C]’est l’État fran­çais qui, par sa poli­tique, ses lois, ses tri­bu­naux, a orga­ni­sé le « grand rem­pla­ce­ment » des popu­la­tions, nous impo­sant la pré­fé­rence immi­grée et isla­mique avec 8 mil­lions d’Arabo-musulmans (en atten­dant les autres) por­teurs d’une autre his­toire, d’une autre civi­li­sa­tion et d’un autre ave­nir (la cha­ria) […] L’État a tou­jours été l’acteur achar­né du déra­ci­ne­ment des Fran­çais et de leur trans­for­ma­tion en Hexa­go­naux inter­chan­geables. Il a tou­jours été l’acteur des rup­tures dans la tra­di­tion natio­nale. Voyez la fête du 14 juillet : elle célèbre une répu­gnante émeute et non un sou­ve­nir gran­diose d’unité. Voyez le ridi­cule emblème de la Répu­blique fran­çaise : une Marianne de plâtre coif­fée d’un bon­net révo­lu­tion­naire. Voyez les affreux logos qui ont été impo­sés pour rem­pla­cer les armoi­ries des régions tra­di­tion­nelles. Sou­ve­nez-vous qu’en 1962, l’État a uti­li­sé toute sa force contre les Fran­çais d’Algérie aban­don­nés à leur malheur. »

Domi­nique Venner
« Lettre sur l’identité à mes amis sou­ve­rai­nistes », www.dominiquevenner.fr, 26 juin 2012

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