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Citations d'un auteur allemand

C’est pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire…

« C’est pour pré­ser­ver ce qui est neuf et révo­lu­tion­naire dans chaque enfant que l’éducation doit être conser­va­trice, c’est-à-dire assu­rer la conti­nui­té du monde’. »

Han­nah Arendt
« La crise de l’é­du­ca­tion », La crise de la culture. Huit exer­cices de pen­sée poli­tique, 1968, trad. Col­lec­tif (édi­tions de Patrick Lévy), édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio essais, 1989

Partout où elle a pris le pouvoir, la bourgeoisie a foulé…

« Par­tout où elle a pris le pou­voir, la bour­geoi­sie a fou­lé aux pieds les rela­tions féo­dales, patriar­cales et idyl­liques. Tous les liens com­plexes et variés qui unis­saient l’homme féo­dal à ses supé­rieurs natu­rels, elle les a bri­sés sans pitié pour ne lais­ser sub­sis­ter d’autre lien, entre l’homme et l’homme, que le froid inté­rêt, les dures exi­gences du paie­ment au comp­tant. Elle a noyé les fris­sons sacrés de l’extase reli­gieuse, de l’enthousiasme che­va­le­resque, de la sen­ti­men­ta­li­té tra­di­tion­nelle, dans les eaux gla­cées du cal­cul égoïste. Elle a fait de la digni­té per­son­nelle une simple valeur d’échange… La bour­geoi­sie a dépouillé de leur auréole toutes les acti­vi­tés qui pas­saient jusque-là pour véné­rables et qu’on consi­dé­rait avec un saint res­pect. Le méde­cin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des sala­riés à ses gages. La bour­geoi­sie a déchi­ré le voile de sen­ti­men­ta­li­té qui recou­vrait les rela­tions de famille et les a réduites à n’être que de simples rap­ports d’argent… La bour­geoi­sie ne peut exis­ter sans révo­lu­tion­ner constam­ment les ins­tru­ments de pro­duc­tion, ce qui veut dire les condi­tions de la pro­duc­tion, c’est-à-dire les rap­ports sociaux… Ce bou­le­ver­se­ment conti­nuel de la pro­duc­tion, ce constant ébran­le­ment de tout le sys­tème social, cette agi­ta­tion et cette insé­cu­ri­té per­pé­tuelle dis­tinguent l’époque bour­geoise de toutes les pré­cé­dentes… Tout ce qui avait soli­di­té et per­ma­nence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est pro­fa­né, et les hommes sont for­cés enfin d’envisager leurs condi­tions d’existence et leurs rap­ports réci­proques avec des yeux désa­bu­sés… La bour­geoi­sie a sou­mis la cam­pagne à la ville, elle a subor­don­né les peuples de pay­sans aux peuples de bourgeois… »

Karl Marx et Frie­drich Engels
Le Mani­feste du par­ti com­mu­niste (Mani­fest der kom­mu­nis­ti­schen Par­tei), 1848, trad. Émile Bot­ti­gel­li, édi­tions Flam­ma­rion, 1998

Je me sens le courage de m’aventurer dans le monde…

« Je me sens le cou­rage de m’aventurer dans le monde, de por­ter toute la souf­france et tout le bon­heur de la terre, de me battre avec les tem­pêtes et de ne pas fai­blir dans les grin­ce­ments du naufrage ! »

Johann Wolf­gang von Goethe
Faust pri­mi­tif (ou pre­mier Faust), 1808

Dans l’acte d’engendrer, [le père] célèbre un mystère…

« Dans l’acte d’engendrer, [le père] célèbre un mys­tère à lui-même incon­nu. Son apport per­son­nel peut s’y englou­tir. Il est, par exemple, pos­sible que nous res­sem­blions à un oncle ou à un aïeul loin­tain plus qu’à lui. Les généa­lo­gistes, et aus­si les bio­lo­gistes, ont l’habitude de telles sur­prises ; sou­vent, elles font écla­ter leur sys­tème. Le bagage de l’hérédité n’a pas de limites ; il remonte jusqu’au monde de l’inanimé. Il peut sur­gir de cette mer des êtres dont l’espèce s’est depuis long­temps éteinte. »

Ernst Jün­ger
Eumes­wil, 1977, trad. Hen­ri Plard, édi­tions La Table Ronde, coll. Ver­millon, 1978.

Il n’y a point de passé vers quoi il soit permis…

« Il n’y a point de pas­sé vers quoi il soit per­mis de por­ter ses regrets, il n’y a qu’une éter­nelle nou­veau­té, qui se forme des élé­ments gran­dis du pas­sé ; et la vraie nos­tal­gie doit être tou­jours créa­trice, pro­duire à tout ins­tant une nou­veau­té meilleure encore. »

Johann Wolf­gang von Goethe
Élé­gie de Marien­bad, 1823, trad. Jean Tar­dieu, édi­tions Gal­li­mard, coll. Poé­sie, 1993

La dure nécessité de la guerre dresse des hommes…

« La dure néces­si­té de la guerre dresse des hommes. C’est grâce à des peuples et contre des peuples que des peuples atteignent leur sta­ture de gran­deur intérieure. »

Oswald Spen­gler
Écrits his­to­riques et phi­lo­so­phiques. Pen­sées, édi­tions Coper­nic, 1980

J’appelle dépravé tout animal, toute espèce…

« J’appelle dépra­vé tout ani­mal, toute espèce, tout indi­vi­du qui perd ses ins­tincts, qui choi­sit, qui pré­fère ce qui lui fait mal. »

Frie­drich Nietzsche
L’Antéchrist, Impré­ca­tion contre le chris­tia­nisme, (Der Anti­christ, Fluch auf das Chris­ten­tum), 1896, trad. Eric Blon­del, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 1994

J’aurai un jour vécu de la vie des dieux…

« J’aurai un jour vécu de la vie des dieux, et que faut-il de plus ? »

Frie­drich Hölderlin
Aux Parques (An die Par­zen), 1798, in Œuvres, trad. Phi­lippe Jac­cot­tet, édi­tions Gal­li­mard, coll. Biblio­thèque de la Pléiade, 1967

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