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Citations sur la grandeur

L’essentiel est la hauteur. Elle vous tiendra lieu de tout…

« L’essentiel est la hau­teur. Elle vous tien­dra lieu de tout. En elle je com­prends le déta­che­ment, car com­ment prendre de la hau­teur sans se déta­cher ? Elle vous serait une patrie suf­fi­sante, si vous n’aviez pas l’autre. Elle vous tien­dra lieu de patrie, le jour où l’autre vous manquera. »

Hen­ry de Montherlant
Lettre d’un père à son fils in Ser­vice inutile, 1935, édi­tions Gal­li­mard, 1973, coll. Folio Essais, 2005

Votre délire d’égalité était une attaque meurtrière contre l’être…

« Votre délire d’éga­li­té était une attaque meur­trière contre l’être, contre toutes ses richesses et ses valeurs ; c’était la soif de piller le monde divin et d’anéantir toute gran­deur ici-bas. L’esprit du néant vous anime, c’est lui qui vous a ins­pi­ré ces idées et ces pas­sions éga­li­taires. La loi de l’entropie, qui mène à la mort par une dif­fu­sion égale de la cha­leur, agit à tra­vers vous dans la vie sociale […] Exi­ger l’égalité abso­lue, c’est vou­loir retour­ner à l’état ori­gi­nel, chao­tique, téné­breux, au nivel­le­ment et à la non-dif­fé­ren­cia­tion ; c’est vou­loir le néant. L’exigence révo­lu­tion­naire du retour à l’égalité dans le néant est née du refus d’assumer les sacri­fices et les souf­frances par les­quels passe la voie de la vie supé­rieure. Voi­là la réac­tion la plus effrayante, la néga­tion du sens de tout le pro­ces­sus créa­teur du monde. L’enthousiasme de la révo­lu­tion est un enthou­siasme réac­tion­naire. L’exigence contrai­gnante de l’égalisation qui pro­cède de l’obscurité chao­tique est une ten­ta­tive pour détruire la struc­ture hié­rar­chique du cos­mos for­mé par la nais­sance créa­trice de la lumière dans les ténèbres ; c’est un essai pour détruire la per­sonne même de l’homme en tant que degré hié­rar­chique né dans l’inégalité ; c’est un atten­tat contre la place royale de l’homme dans l’ordre cosmique. »

Nico­las Berdiaev
De l’inégalité, Édi­tions L’Âge d’homme, 2008

Nous avons tout perdu, disait Fichte, mais il nous reste…

« Nous avons tout per­du, disait Fichte, mais il nous reste l’éducation”. Et Nietzsche obser­vait : Où qu’apparaisse une gran­deur tant soit peu durable, on peut obser­ver une sélec­tion préa­lable très soi­gneuse – par exemple chez les Grecs”. Ne sous-esti­mons pas ce pou­voir de l’éducation, et rap­pe­lons-nous qu’à la nais­sance, le meilleur des dons n’est jamais pré­sent que sous une forme poten­tielle. D’où la néces­si­té de centres, de sémi­naires et de « cloîtres » où puisse mûrir une forme nou­velle de vie. Et pour cela d’abord édu­quer des édu­ca­teurs. Dans Par-delà bien et mal, Nietzsche écri­vait : Les grandes choses sont réser­vées aux grands, les pro­fon­deurs aux pro­fonds, les dou­ceurs et les fris­sons aux âmes sub­tiles, tout ce qui est rare aux êtres rares”. Avant de se gar­ga­ri­ser du mot élite” et de se tar­guer d’en faire par­tie, c’est à réunir des condi­tions qu’il paraît néces­saire d’œuvrer. Tra­vail à long terme, où il faut de la patience, de l’ordre, du goût, de la méthode et du temps. »

Alain de Benoist
Les idées à l’endroit, Édi­tions Libres-Hal­lier, 1979

Nous sommes pris dans une alternative…

« Nous sommes pris dans une alter­na­tive qui ne nous per­met plus d’exister médio­cre­ment ; il nous faut vivre plus puis­sam­ment, ou bien dis­pa­raître, nous sur­pas­ser ou nous abo­lir. […] La tra­gé­die essen­tielle n’est pas de savoir quels dan­gers nous menacent, mais de défi­nir d’abord ce qu’ils menacent en nous, car il impor­te­rait assez peu que nous fus­sions détruits, si nous avions ren­du cette des­truc­tion légi­time en ne valant presque rien. »

Abel Bon­nard
Les Modé­rés, édi­tions Gras­set, 1936

La dure nécessité de la guerre dresse des hommes…

« La dure néces­si­té de la guerre dresse des hommes. C’est grâce à des peuples et contre des peuples que des peuples atteignent leur sta­ture de gran­deur intérieure. »

Oswald Spen­gler
Écrits his­to­riques et phi­lo­so­phiques. Pen­sées, édi­tions Coper­nic, 1980

La décadence d’une société se mesure…

« La déca­dence d’une socié­té se mesure beau­coup moins à la gran­deur des vices qu’on y pra­tique qu’à la bas­sesse des ver­tus qu’on y honore. »

Thier­ry Maulnier
in Les Cahiers de Com­bat, 1937

Mais il n’y a point de petits évènements pour le cœur…

« Mais il n’y a point de petits évè­ne­ments pour le cœur ; il gran­dit tout, il met dans les mêmes balances la chute d’un empire de qua­torze ans et la chute d’un gant de femme, et presque tou­jours le gant y pèse plus que l’empire. »

Hono­ré de Balzac
La Duchesse de Lan­geais in His­toire des treize, 1843, édi­tions Pocket, coll. Pocket clas­siques, 1998

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