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Antoine de Saint-Exupéry

Antoine de Saint-Exupéry né en 1900 à Lyon, disparu en vol le 31 juillet 1944 au large de Marseille, mort pour la France, est un écrivain, poète, aviateur et reporter français. Ses œuvres les plus célèbres comme Vol de nuit, Citadelle, Pilote de guerre et surtout Le Petit Prince sont constamment réimprimées et lues dans le monde entier, exprimant une vue du monde héroïque, et un pessimisme actif teinté parfois d’espoir.

Source : wiki­pe­dia

Découvrez 21 citations d’Antoine de Saint-Exupéry

Rien, jamais, en effet ne remplacera le compagnon perdu…

« Peu à peu nous décou­vrons que le rire clair de celui-là nous ne l’entendrons plus jamais, nous décou­vrons que ce jar­din-là nous est inter­dit pour tou­jours. Alors com­mence notre deuil véri­table qui n’est point déchi­rant mais un peu amer.
Rien, jamais, en effet ne rem­pla­ce­ra le com­pa­gnon per­du. On ne se crée point de vieux cama­rades. Rien ne vaut le tré­sor de tant de mau­vaises heures vécues ensemble, de tant de brouilles, de récon­ci­lia­tions, de mou­ve­ments de cœur. On ne recons­truit point ces ami­tiés-là. Il est vain si l’on plante un chêne, d’espérer s’abriter bien­tôt sous son feuillage.
Ain­si va la vie. Nous nous sommes enri­chis d’abord, nous avons plan­té pen­dant des années, mais viennent les années où le temps défait ce tra­vail et déboise. Les cama­rades, un à un, nous retirent leur ombre. Et à nos deuils se mêle désor­mais le regret secret de vieillir. »

Antoine de Saint-Exupéry
Terre des hommes, édi­tions Gal­li­mard, 1939

Être homme, c’est précisément être responsable…

« Être homme, c’est pré­ci­sé­ment être res­pon­sable. C’est connaître la honte en face d’une misère qui ne sem­blait pas dépendre de soi. C’est être fier d’une vic­toire que les cama­rades ont rem­por­tée. C’est sen­tir, en posant sa pierre, que l’on contri­bue à bâtir le monde. »

Antoine de Saint-Exupéry
Terre des hommes, Le Livre de Poche, 1939, p. 59

Ceux que je hais, c’est d’abord ceux qui ne sont point…

« Ceux que je hais, c’est d’abord ceux qui ne sont point. Race de chiens qui se croient libres, parce que libres de chan­ger d’avis, de renier (et com­ment sau­raient-ils qu’ils renient puisqu’ils sont juges d’eux-mêmes ?). Parce que libres de tri­cher et de par­ju­rer et d’abjurer, et que je fais chan­ger d’avis, s’ils ont faim, rien qu’en leur mon­trant leur auge.
[…] Mais tous ceux-là je les dirai de la racaille, qui vivent des gestes d’autrui et, comme le camé­léon, s’en colorent, et aiment d’où viennent les pré­sents, et goûtent les accla­ma­tions et se jugent dans le miroir des mul­ti­tudes : car on ne les trouve point, ils ne sont point, comme une cita­delle, fer­més sur leurs tré­sors et, de géné­ra­tion en géné­ra­tion ils ne délèguent pas leur mot de passe, mais laissent croître leurs enfants sans les pétrir. Et ils poussent, comme des cham­pi­gnons, sur le monde. »

Antoine de Saint-Exupéry
Cita­delle, édi­tions Gal­li­mard, 1948

Ainsi sommes-nous enfin libres…

« Ain­si sommes-nous enfin libres. On nous a cou­pé les bras et les jambes, puis on nous a lais­sé libres de mar­cher. Mais je hais cette époque où l’homme devient, sous un tota­li­ta­risme uni­ver­sel, bétail doux, poli et tranquille. »

Antoine de Saint-Exupéry
Lettre au géné­ral X, 30 juillet 1944

Ah ! Général, il n’y a qu’un problème…

« Ah ! Géné­ral, il n’y a qu’un pro­blème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signi­fi­ca­tion spi­ri­tuelle, des inquié­tudes spi­ri­tuelles, faire pleu­voir sur eux quelque chose qui res­semble à un chant gré­go­rien. On ne peut vivre de fri­gi­daires, de poli­tique, de bilans et de mots croi­sés, voyez-vous ! On ne peut plus vivre sans poé­sie, cou­leur ni amour. Rien qu’à entendre un chant vil­la­geois du XVe siècle, on mesure la pente des­cen­due. Il ne reste rien que la voix du robot de la pro­pa­gande […] Mais où vont les États-Unis et où allons-nous, nous aus­si, à cette époque de fonc­tion­na­riat uni­ver­sel ? L’homme robot, l’homme ter­mite, l’homme oscil­lant du tra­vail à la chaîne sys­tème Bedeau à la belote. L’homme châ­tré de tout son pou­voir créa­teur, et qui ne sait même plus, du fond de son vil­lage, créer une danse ni une chan­son. L’homme que l’on ali­mente en culture de confec­tion, en culture stan­dard comme on ali­mente les bœufs en foin. C’est cela l’homme d’aujourd’hui. […] ça m’est égal d’être tué en guerre. De ce que j’ai aimé, que res­te­ra-t-il ? Autant que les êtres, je parle des cou­tumes, des into­na­tions irrem­pla­çables, d’une cer­taine lumière spi­ri­tuelle. Du déjeu­ner dans la ferme pro­ven­çale sous les oli­viers, mais aus­si de Haen­del. Les choses je m’en fous, qui sub­sis­te­ront. Ce qui vaut, c’est un cer­tain arran­ge­ment des choses. La civi­li­sa­tion est un bien invi­sible puis­qu’elle porte non sur les choses, mais sur les invi­sibles liens qui les nouent l’une à l’autre, ain­si et non autre­ment. Nous aurons de par­faits ins­tru­ments de musique, dis­tri­bués en grande série, mais où sera le musicien ? »

Antoine de Saint-Exupéry
Lettre au géné­ral X (extrait), 30 juillet 1944

Je te désire permanente, fidèle…

« Je te désire per­ma­nente, fidèle. Il n’est point de fidé­li­té dans un camp et non dans l’autre. Qui est fidèle est tou­jours fidèle. Tu n’as rien à attendre de la tra­hi­son car les nœuds te sont longs à nouer qui te régi­ront, t’animeront, te feront ton sens et ta lumière. Seule la fidé­li­té crée les forts. »

Antoine de Saint-Exupéry
Cita­delle, édi­tions Gal­li­mard, 1948

Le but ne justifie peut-être rien…

« Le but ne jus­ti­fie peut-être rien, mais l’action délivre de la mort. Les hommes duraient par leur navire. »

Antoine de Saint-Exupéry
Vol de nuit, 1931

La seule invention véritable est de déchiffrer le présent…

« La seule inven­tion véri­table est de déchif­frer le pré­sent sous ses aspects inco­hé­rents et son lan­gage contra­dic­toire. Mais si tu te laisses aller aux bali­vernes que sont tes songes creux concer­nant l’avenir, tu es sem­blable à celui-là qui croit pou­voir inven­ter sa colonne et bâtir des temples nou­veaux dans la liber­té de sa plume. Car com­ment ren­con­tre­rait-il son enne­mi et, ne ren­con­trant point d’ennemi, par qui serait-il fon­dé ? Contre qui modè­le­rait-il sa colonne ? La colonne se fonde, à tra­vers les géné­ra­tions, de son usure contre la vie. Ne serait-ce qu’une forme, tu ne l’inventes point mais tu la polis contre l’usage. Et ain­si naissent les grandes œuvres et les empires.
Il n’est jamais que du pré­sent à mettre en ordre. À quoi bon dis­cu­ter cet héri­tage ? L’avenir, tu n’as point à le pré­voir mais à le permettre. »

Antoine de Saint-Exupéry
Cita­delle, édi­tions Gal­li­mard, 1948

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